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“Those who don't believe in magic will never find it.” (Roald Dahl)

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9 juin 2014

L'accro du shopping dit oui, de Sophie Kinsella

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Un épisode 3 incontournable pour ses scènes cultes comme le mariage de Suze, la demande de Luke, la ruse finale, le mariage féérique, le bouquet de fleurs qui parle, la précieuse bonhomie des parents de Becky, les délires de Danny, la naissance de Baby Tarquin, etc. Il faut bien rebondir pour ne pas réaliser que l'histoire n'est plus un étourdissement sans fin de dépenses compulsives ! En fait, Becky est confrontée à un autre dilemme : une double organisation de mariage, deux rêves impossibles à conjuguer. Mais impossible n'est pas Becky !

Le roman s'échinera à raconter comment elle va réussir à slalomer entre les deux, puisque Becky est attirée par les deux perspectives, le glamour, le strass, les paillettes, son rêve de petite fille... mais justement elle ne veut pas non plus décevoir ses parents !! Et en matière de fantasmes à dormir debout, de vérité édulcorée, de petits mensonges pour arrondir les angles, Becky en connaît un rayon. Ce ne sont plus ses dettes qu'elle doit éponger, mais la susceptibilité de ses proches. Mouhahaha.

On a beau soupirer, souffler et pester, on lui pardonne tout ! Becky figure parmi ces héroïnes dont on excuse les frasques, même les plus chichiteuses. C'est comique et carrément exagéré, mais ça permet de détendre l'atmosphère. Car l'histoire met à jour la relation malsaine entre Luke et sa mère, et là c'est le drame, on ne le comprend plus, Luke devient décevant, fuyant, aveugle... pitié, non ! Malgré tout, on s'amuse du début à la fin, cette série est à déguster pour le plaisir, comme une friandise, à mâchouiller en déculpabilisant. De plus, les atermoiements de Becky sont une façon de rappeler l'essentiel de la vie, avec ses valeurs fondamentales (la famille, les amis, etc.). ☺

Pocket ♦ juillet 2010 ♦ traduit par Christine Barbaste pour les éditions Belfond ♦

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9 juin 2014

Ce si joli trouble, par Cora Carmack

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Bliss traîne dans un bar, sous l'invective de sa meilleure amie, pour y rencontrer un bel inconnu et coucher avec dans le but de se débarrasser de son encombrante virginité. Alcoolisée, la demoiselle n'en garde pas moins à l'esprit qu'elle est terrorisée, jusqu'à ce qu'elle tombe nez à nez sur Garrick Taylor, assis seul dans son coin, avec un livre de Shakespeare. Son cœur s'emballe. Elle flirte ouvertement avec lui, l'emmène chez elle, bascule dans le lit, et puis...

L'histoire prend un détour savoureux, franchement hilarant et incongru, et je m'en suis réjouie car le point de départ n'était pas folichon. Par la suite, forcément ça se complique : Bliss réalise que Garrick est son nouveau prof de théâtre. Relation strictement interdite, sous peine d'exclusion. Du moins, en théorie car ces deux-là ne vont pas se formaliser et continuer d'agir sans crainte d'être pris la main dans le sac. Ajoutez un meilleur ami qui révèle ses sentiments, des rapports tendus et conflictuels, un climat lourd, qui exacerbe les jalousies, hi hi.

C'est une romance absolument délicieuse et déculpabilisante, truffée de niaiseries, de clichés et autres situations insolites, mais j'ai envoyé balader mon sens commun et dégusté le tout comme une friandise défendue. C'était succulent ! Garrick est sexy en diable, c'est tout vu. Bliss est encore une chrysalide, sa trouille de l'autre est l'occasion de glousser et de pimenter la relation. Ce n'est que sensualité, délire entre étudiants (soirées arrosées et virées en boîte), petit cocon, début sur les planches, épanouissement personnel, confiance en soi... Cela fait un peu fouillis, c'est vrai, mais on passe un vrai, bon moment. Sans prise de tête.

La Martinière J. ♦ mai 2014 ♦ traduit par Sophie Passant

9 juin 2014

Destiny, Tome 3 : La cascade aux murmures, par Toni Blake

romance

Je prolonge mon séjour à Destiny, pour y faire la rencontre de Lucky Romo, le petit frère de notre flic préféré (Mike, vu dans À l'ombre des pommiers), de retour au bercail après 16 ans d'absence ! Whoo, un retour qui s'annonce rock-n-roll, tant le jeune homme traîne un passé auréolé de mystères et d'interdits ! Certes, le type est grand, baraqué, tatoué, portant les cheveux longs et conduisant une grosse moto. Et il vient d'emménager à côté de la petite maison de Tessa.

Tessa, voyons... Jeune femme douce, attentionnée, mais fragile. Atteinte d'une maladie chronique (Crohn), elle est souvent affaiblie par des crises qui la clouent dans son fauteuil, lui faisant broyer du noir. Aussi, a-t-elle décidé d'en finir avec cette sensation de susciter la compassion des gens, elle veut vivre, s'éclater, en profiter... et pourquoi pas s'offrir une aventure sans lendemain dans les bras d'un homme sexy en diable ? Son voisin, par exemple.

C'est le monde à l'envers, cette fois c'est la jeune femme qui cherche à briser la retenue d'un type décidé à se racheter une conduite et ne plus céder aux sirènes d'une vie dissolue, aussi redouble-t-elle d'efforts pour lui faire tourner la tête, quitte à jouer les prétendues filles à motards, avec tenue affriolante du plus mauvais goût, ou séance de bronzage en bikini dans le jardin, sous le nez du voisin. On n'y croit pas-du-tout-! Toutes ces scènes cocasses, et pour certaines clairement inspirées de Sons of Anarchy, permettent l'éclosion d'une relation tendre et touchante, mais beaucoup moins excitante que celle de Mike et Rachel. 

Cela reste une série géniale, très divertissante, avec des personnages tous attachants. D'autres livres sont disponibles, mais seulement en VO, l'éditeur français ayant estimé que ça ne valait pas la peine d'en découvrir plus sur Sue Ann, Logan, Amy, Adam, Duke et Anna... Encore la preuve du manque de considération pour le lecteur... Dommage !

J'ai Lu, coll. Promesses, septembre 2013 - traduit par Véronique Fourneaux

13 mars 2014

Destiny, Tome 2 : A l'ombre des pommiers, par Toni Blake

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Cette lecture aura été du plaisir sur toute la ligne ! C'est l'histoire d'une jolie citadine, Rachel Farris, qui revient dans sa ville natale (Destiny) pour filer un coup de main à sa grand-mère Edna, dépassée par la récolte des pommes de son verger. Conduisant à fond de train, la jeune femme est épinglée par un agent de police, Mike Romo, qui lui colle une sévère contredanse.

Rachel est convaincue qu'il agit par pur esprit de vengeance : leurs deux familles se détestent depuis des générations, à cause des fameux vergers dont cette chère Edna est la propriétaire. Les Romo estiment qu'elle a floué le grand-père Giovanni. Bref. Mike Romo veut de nouveau la guerre ? Rachel lui tiendra la dragée haute. Ah, ah. Inutile, pourtant, de souligner qu'il existe une attraction physique et électrique entre ces deux-là.

Même s'ils tendent à y succomber (histoire d'en finir avec “ça”), ils vont continuer de ruer dans les brancards et faire vivre à l'autre un véritable enfer. À lire, c'est franchement génial ! Le couple est explosif, sur la même longueur d'ondes, allergique au romantisme et handicapé par les mêmes béquilles (la famille !). Mais cette sensiblerie n'est qu'une toile de fond (assez récurrente chez Toni Blake), car on passe le reste du temps à s'esclaffer et taper dans les mains.

C'est léger, sexy, jamais vulgaire, planté dans le monde merveilleux de “la petite ville américaine”, avec toute une brochette de personnages secondaires qu'on adopte aussitôt, c'est une romance subtile et très réussie entre un “flic-dieu” et une snobinarde intrépide, avec en bonus des pommes, un caleçon léopard et une mamie drôlement délurée ! ... J'ai adoré. ♥

J'ai Lu coll. Promesses, Mars 2013 - traduit par Marie-Noëlle Tranchart

6 mars 2014

Mystic City, de Theo Lawrence

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Pour une entrée en matière, c'est plutôt réussi ! L'histoire se passe dans un New York futuriste, gouverné par deux puissantes familles, les Rose et les Foster, qui se livraient une guerre des clans jusqu'à l'annonce de leur réconciliation, scellée par les fiançailles de leur progéniture. Ils font ainsi front commun pour remporter les prochaines élections et terrasser la menace grimpante de la candidate Mystique, qui représente les Bas-Fonds, les exclus, les opprimés.

Le problème, c'est que la délicieuse Aria Rose n'a aucun souvenir de ses six derniers mois. On lui répète qu'elle a été victime d'une overdose (le stic, une drogue magique), qu'elle est folle amoureuse de Thomas Foster, avec lequel elle entretenait une liaison secrète que ses parents ont finalement découverte, avant de consentir à leur union. C'est beaucoup pour une seule personne ! Aria est complètement désemparée.

Elle a certes quelques flashes, aperçoit un individu sans visage dans ses rêves, reçoit des messages codés, elle veut se convaincre de vivre une sublime histoire d'amour, mais ne ressent que de la frustration. Elle considère son fiancé comme un étranger, cherche à le connaître, puis rencontre dans la rue un autre jeune homme. Hunter Brooks, du charme, de l'impertinence, de l'interdit, bref la demoiselle est immédiatement troublée !

J'ai trouvé cette lecture poignante et palpitante, dans le sens où l'héroïne croise de nombreux obstacles sur son parcours (mensonges, trahisons, famille oppressante, enjeux politiques...). Comme elle, on a envie de savoir, de comprendre et de se battre. Très vite, se dégage d'elle un caractère de rebelle, qui refuse qu'on l'enferme dans des carcans. Elle a besoin de retrouver ses repères, au lieu de se couler dans une existence facile, superficielle et puérile.

Il y a aussi beaucoup d'action, surtout dans les derniers chapitres. Avant cela, l'histoire prend son temps pour nous plonger dans son univers - aucun effet de somnolence à craindre, c'est tout de suite prenant ! On se familiarise avec les lieux et les personnages, on se passionne pour les arcanes de l'histoire, même la romance est jolie, avec ses maladresses et ses sursauts trop spontanés. Mais franchement, c'est un très bon début de série, dans la grande tradition des romans YA comme The Mortal Instruments.

PKJ, janvier 2014 - traduit par Guillaume Fournier

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3 mars 2014

Tes mots sur mes lèvres, par Katja Millay

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J'ai beaucoup entendu parler de ce livre, en bien. Aussi j'étais impatiente de le lire (mais un peu craintive tout de même). Le début s'est effectivement avéré laborieux et un peu long à se mettre en place, les personnages sont fermés, Nastya et Josh sont deux jeunes gens qui se sentent en marge de la société, marqués par la vie, ils estiment qu'ils n'ont pas droit au bonheur. C'est seulement en se rapprochant qu'ils vont comprendre le poids de leur solitude et le besoin de faire peau neuve, mais il faudra énormément de temps et de patience pour en tirer de telles conclusions !

L'histoire, en fin de compte, se dessine assez timidement, mais avec beaucoup de délicatesse. Nastya est une jeune fille brisée, qui ne parle plus suite à son traumatisme et a choisi de s'habiller de façon vulgaire pour tenir les autres à distance. Josh a perdu tous ceux qu'il aimait et vit seul dans son coin pour mieux se protéger et ne plus risquer de s'attacher aux autres. Un soir, Nastya se faufile dans son garage, après sa séance de jogging, elle s'installe sur son établi (le garçon est un dingue de menuiserie et d'ébénisterie) et le regarde bricoler. Elle reviendra tous les soirs, sans explication. Et lui l'accepte aussi simplement.

Ne vous imaginez pas une romance légère et chatoyante, un soupçon de passion ou d'action, vous serez amèrement déçus. La relation à venir est étrange et complexe, empêtrée par le silence et les non-dits. On cerne vite le désespoir de notre couple, leur tendance à se déchirer intérieurement, à ne pas se faire confiance. Mais c'est franchement éprouvant. Et je ne suis pas sûre d'aimer une telle histoire, où on se sent moins bouleversée que déprimée. C'est trop dévastateur, je ne me sentais pas à mon aise.

Je n'avais qu'une envie, que les personnages avancent, brisent leur coquille, jouent franc-jeu. Au lieu de ça, ils perdent un temps fou à souffrir, à s'infliger toutes sortes de tortures, sous prétexte qu'ils ne valent pas mieux que ça. C'est très triste, assez étouffant aussi. Cette lecture n'a pas su coller à mes attentes, mais elle renferme des émotions fortes qui sauront toucher les bonnes personnes. J'ai beaucoup aimé la relation qu'ont tenté de tisser Nastya et Josh, mais il y a trop de douleurs autour pour y succomber en toute innocence.

Fleuve Noir, coll. Territoires, janvier 2014 - traduit par Juliette Lê

24 février 2014

Dublin Street, de Samantha Young

bed

 “We fuck, we have fun, and then we spoon. I don’t go home...”

Je voulais une lecture légère et distrayante, j'avais reçu de très bons échos concernant ce livre, aussi j'ai plongé mon nez dans cette histoire contemporaine et un brin coquine. Le résultat n'a pas été à la hauteur de mes espoirs, c'est léger, parfois rigolo, mais tellement excessif et insensé que je ne suis pas sûre d'y avoir glané le plaisir espéré !

C'est donc l'histoire d'une jeune femme de 22 ans, Joss Butler, traumatisée par la mort accidentelle de ses parents survenue huit ans plus tôt. Réfugiée à Édimbourg, elle y mène une existence solitaire, où elle affiche une carapace de défiance et d'indifférence. En s'installant en colocation chez Ellie Carmichael, elle va faire la rencontre du frère de celle-ci, Braden... du sex-appeal à revendre, une fichue arrogance et un charme irrésistible. Décrit comme étant “the human version of a sexually charged nuclear weapon”, il incarne le danger absolu, à fuir sans se retourner.

Et en effet, d'entrée de jeu, leurs rapports sont houleux, longtemps elle va chercher à lui résister, même si elle est physiquement attirée par lui. Il en tire parti et lui propose une relation purement charnelle, trois mois ensemble, du sexe à gogo, pas de sentiments, juste du bon temps. Et elle accepte ! Cela devient alors très, très sexy, mais aussi passionnel et mouvementé. Joss et Braden sont survoltés, ils s'insupportent, sont jaloux, se font des scènes pour un rien, c'est franchement épuisant ... J'ai fini par décrocher. Je n'ai rien contre une relation enflammée, mais là j'ai eu ma dose, c'était trop long, trop cliché, trop puéril.

Je sors de cette lecture circonspecte, ça se lit vite et bien, on couine parfois, on sourit aussi, mais alors je n'ai pas pu occulter le reste, ni le style lourd et vulgaire, ni la pantomime que nous joue ce charmant petit couple en mal de sensations fortes, ni les séquences de mélo inutiles... C'est hélas dans la tendance actuelle (du sexe, du drama, un happy end) mais j'accroche moyennement. On se croirait dans un mauvais feuilleton de soap-opera.

J'ai Lu, juin 2013 - traduit par Benjamin Kuntzer

22 février 2014

Gipsy Song : Le choix de Kenzie, par Beth Kephart

Lovely-Panties

J'ai adoré ce roman qui m'a littéralement transportée en Espagne, un pays qui ne me fait pas plus rêver que ça en temps ordinaire, mais là, j'étais fascinée, envoûtée par le décor, la chaleur, les personnages, la tendresse, et que de lyrisme dans tout ça ! C'est merveilleux, très beau, doux et apaisant, on comprend pourquoi l'héroïne, Kenzie, s'y sent à son aise et considère son exil comme un refuge, un nouveau départ.

Pourtant, c'était plutôt mal parti pour elle. Elle a été envoyée dans le ranch de Miguel, dans la campagne de Séville, sous ordre de sa mère, qui n'a pas supporté l'annonce de sa grossesse. La jeune fille n'a que 18 ans, tout un avenir à construire, elles ne sont plus que deux à la maison, depuis le décès brutal du père, qui reste un chagrin insurmontable pour elle. Complètement paumée, elle se repose à l'ombre des arbres, discute avec l'enfant à naître (et qu'elle va faire adopter), passe des heures en cuisine avec Estela ou à parler oiseaux et chevaux avec Esteban, le jeune palefrenier (gentil, séduisant, secret, etc.).

Il ressort de cette lecture une atmosphère qui nous imprègne, par l'odeur des épices, des oranges ou de la paella, par le soleil lourd et la chaleur accablante, par le rythme des guitares et des chants, par le flamenco, par les grigris des gitans de passage... C'est chatoyant, entêtant, magique, ensorcelant. La prose de Beth Kephart, joliment traduite par Corinne Julve, résonne comme une berceuse à nos oreilles. Un vrai festival pour l'âme et le coeur.

Je n'avais plus le goût de quitter cette histoire, qui est celle d'un apprentissage et de choix de vie, car je me sentais parfaitement à mon aise dans le ranch de Miguel. Comme un cocon douillet, tellement apaisant. Je trouve juste dommage le choix de la couverture française, alors que l'édition originale, Small Damages, est beaucoup plus attrayante, plus conforme au contenu du livre. Pas sûre que cet indigo tape dans l'oeil du futur lecteur... et ce serait tellement dommage de passer à côté !

La Martinière J., février 2014 - traduit par Corinne Julve

heartbutterfly

21 février 2014

Coeurs brisés, têtes coupées - Robyn Schneider

always

Ah, quel roman ! Il n'a pas démérité la comparaison qui est souvent faite avec les livres de John Green. C'est exactement ça : un narrateur à fleur de peau, doué mais abasourdi par une jeune fille dans son radar, pas banale non plus, catapulté dans un univers environné par des satellites d'une puissance atomique... En gros, on se régale, on réfléchit, on fronce les sourcils, on a le coeur lourd, on sourit aussi, c'est très fort !

Ezra Faukner, 17 ans, beau, sportif, brillant, est un roi déchu. L'été précédent sa rentrée en Terminale, il est victime d'un accident de voiture qui le laisse avec un genou broyé. Brisé, il erre son âme en peine et retrouve du réconfort auprès de son ami d'enfance, Toby Ellicott. Il revoit aussi ses centres d'intérêt (plus de tennis, plus de soirées entre potes, plus de petite copine) et s'inscrit en classe de débat, où il rencontre la délicieuse Cassidy Thorpe.

Nouvelle élève, la jeune fille attire l'attention parce qu'elle a un look hors du commun, vient d'un internat privé et a déjà roulé sa bosse en Europe. Ezra est fou d'elle, ensemble ils s'amusent, jouent au chat et à la souris, se plaisent, se séduisent. Le garçon retrouve goût à la vie et lui redonne aussi un vrai sens et des valeurs. Jusqu'au jour où les secrets de Cassidy vont ruiner cette belle harmonie et plonger notre jeune homme dans un profond désarroi.

Ne vous y trompez pas, cette lecture apporte une sensation stimulante des rapports géniaux que peuvent entretenir les adolescents (disons surtout qu'on rêverait de ne croiser que des Nerds façon Toby et ses potes, ce serait le top !). C'est drôle, très fin, sarcastique sur les bords, mais toujours exaltant. Au-delà de ça, c'est une histoire commune sur les tenants et les aboutissants de l'adolescence, les rapports avec les autres, les erreurs à ne plus reproduire, les faux-semblants, etc.

J'ai retenu cette phrase, pour résumer ce propos : « Nous traversons l'existence des autres tels des fantômes, en laissant derrière nous le souvenir obsédant de quelqu'un qui n'a jamais existé. Mais au final, c'est nous qui choisissons comment les autres nous perçoivent. » Je vous invite maintenant à découvrir ce roman mystérieux, poignant et percutant comme il se doit.

Gallimard jeunesse, octobre 2013 - traduit par Nathalie Peronny

21 février 2014

Inventaire après rupture, de Daniel Handler

runningaway

Min et Ed viennent de rompre, après une relation brève mais intense. Ils n'avaient absolument rien en commun, elle est plutôt quelconque et adore les vieux films, lui est basketteur, fêtard et coureur de jupons. C'était écrit d'avance, mais pourtant ces deux-là ont vécu une jolie histoire, sincère et touchante.

L'auteur a réussi un véritable tour de force, en nous embarquant dans cette histoire dont on connaît déjà la fin, sauf la raison de la rupture. Et on revit ainsi toute la romance via l'inventaire de babioles qu'avait conservées la jeune fille, dans une grosse boîte qu'elle compte désormais déposer sur le pas de la porte de son ex. Tous ces objets ont symbolisé leur histoire : la rencontre, leur première sortie, les petits délires à deux, autant de promesses d'instants précieux.

Et on s'attache, bon sang, on s'attache à cette histoire vouée à l'échec, on a envie d'y croire, malgré les petits détails qui n'échappent pas au regard de lynx. L'identification est d'autant plus forte, plus troublante. On se glisse dans la peau de Min et on se sent tout comme elle : en vrac, le coeur brisé et amer. On a eu aussi le goût d'y croire, de rêver - la chute n'en est que plus rude. J'ai beaucoup aimé cette histoire, j'ai été très sensible au discours de la jeune fille, à sa détresse et à ses désillusions. C'est poignant, mais pas du tout déprimant.

J'ai également savouré l'écriture et la traduction, tout de suite j'ai accroché au style vif, poétique et exaltant de la lettre de Min pour Ed. La jeune fille est meurtrie, ça se sent, elle livre aussi tous les beaux souvenirs de leur histoire à deux, son sentiment de trahison etc. Jamais elle ne décharge sa bile haineuse contre lui, elle se montre simplement sincère et c'est mille fois plus convaincant. Le livre lui-même est un appel à la tentation : une belle petite brique rose, truffée  d'illustrations de Maira Kalman au charme vintage, et une jolie couverture. J'ai totalement succombé !

Nathan, août 2012 - traduit par Rose-Marie Vassallo

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“Those who don't believe in magic will never find it.” (Roald Dahl)
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