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“Those who don't believe in magic will never find it.” (Roald Dahl)

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14 novembre 2013

Dans les bois, par Harlan Coben

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Dans les bois, par Harlan Coben (Audiolib, mars 2008, texte lu par Pierre-Marie Escourrou, traduit par Roxane Azimi pour les éditions Belfond)

Paul Copeland est un homme brisé par la vie. Veuf, il élève seul sa petite fille. Il s'est démené dans sa carrière et a été promu procureur du comté de l'Essex. Brillant, ambitieux et charismatique, il cache ses blessures et n'évoque jamais le drame de son adolescence, alors qu'il était en colonie de vacances, quatre jeunes gens ont disparu dans les bois, parmi eux il y avait sa sœur Camille.

Et voilà que vingt ans plus tard, il est appelé pour identifier un corps et reconnaît le petit copain de sa sœur ! Il croit alors à l'impossible, relance l'enquête, traque le moindre indice, retrouve son premier grand amour et va dénicher de vieux secrets de famille dont il n'avait pas idée. C'est même là tout le drame ! A côté de ça, il doit garder la tête froide pour son procès, l'affaire est ardue, la défense a la rage au ventre et use de tous les moyens pour l'intimider.

Pour mon premier Harlan Coben, j'ai voulu miser sur un titre qui ne s'inscrit dans aucun cycle en particulier (pas de Myron Bolitar à l'horizon, par exemple). Ma foi, je n'ai pas été déçue du voyage : la lecture a été rapide, prenante, angoissante, bien menée et bien rendue. La fin, peut-être, prête à confusion mais c'est en lisant Sans un mot que vous obtiendrez les réponses qui évacueront tout malentendu ! Un roman au suspense efficace, qui tient ses promesses.

A noter : Pierre-Marie Escourrou interprète le rôle du gendarme Pierre Roussillon dans la série Une femme d'honneur sur TF1.

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13 novembre 2013

Amis et rien de plus, par Kristan Higgins

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Amis et rien de plus, par Kristan Higgins (Harlequin, coll. Mosaïc, novembre 2013 - traduit par Karine Xaragai)

Chaque roman de Kristan Higgins offre la douce promesse d'un instant mémorable, au sein d'une communauté attachante, d'une histoire adorable et de situations à vous filer des loopings dans le ventre ! Ce nouveau livre ne fait pas exception à la règle : prenez la petite ville d'Eaton Falls, la famille O'Neill, tous pompiers et secouristes de père en fils, une héroïne répondant au prénom de Chastity Virginia (ce n'est pas une blague !), sa quête du grand amour, avec moult péripéties et l'embarras du choix ! Miam.

C'est une promenade joyeuse et exaltante au pays de la gourmandise, car on se régale sur toute la ligne. L'auteur met en scène une héroïne ordinaire, qui trouve que son physique de grande bringue athlétique la pénalise dans ses rencontres amoureuses, on a coutume de la considérer comme l'éternelle bonne copine, alors qu'elle rêve de fonder une famille, purement et simplement. Pour bousculer le destin, Chastity s'est inscrite sur un site internet, se rend à des soirées shopping pour célibataires au supermarché, multiplie les frasques, les farces et autres bourdes. C'est une vraie partie de rigolade !

Se profile peut-être à l'horizon l'idylle parfaite avec un champion de karaté, chirurgien traumatologue de son état, auprès de qui Chastity se sent pousser des ailes. C'est sans compter sur son obsession pour Trevor Meade, le meilleur ami des frères O'Neill, le fils d'adoption, le copain de toujours (et accessoirement son premier grand amour !). Pas facile à oublier ! Chastity papillonne toujours de désir en sa présence, mais se doit de ranger ses fantasmes dans les tréfonds de son âme ... SOUPIR.

J'ai adoré chaque moment de ma lecture, j'ai beaucoup souri, trouvé l'ensemble fabuleusement romantique, drôle, enlevé et délicieusement niais. On se sent merveilleusement à l'aise entre les pages du livre, on a le sentiment de faire partie d'une communauté, on pose ses bagages et on ne veut plus quitter Eaton Falls ! La sensation de petite bulle réconfortante est là, présente, très forte. C'est un déchirement de tourner la dernière page, de s'arracher à ce petit monde, mais on se réjouit déjà du prochain rendez-vous !

13 novembre 2013

Mariage à durée déterminée, par Christine Bell

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Mariage à durée déterminée, par Christine Bell (Milady, coll. Central Park, juillet 2013 - traduit par Frédéric Le Berre)

En répondant à une petite annonce peu banale, Particulier cherche belle jeune femme sachant jouer la comédie, Lindy soupçonne un vil traquenard mais fonce bille en tête, motivée par l'appât du gain. Sa rencontre avec Owen Phipps confirme ses craintes : ce type est incroyablement beau et séduisant, sûr de son charme et de son pouvoir, il n'en fera qu'une bouchée !

Mais voilà, le bellâtre a besoin d'elle pour prétendre être son épouse et se rendre avec lui dans un centre de thérapie pour couples en détresse (que vient d'ouvrir l'ancien amoureux de sa sœur, qui s'est joué d'elle et lui a brisé le cœur, Owen a donc juré de la venger !). Son contrat avec Lindy stipule noir sur blanc que leurs relations seront chastes, mais en réalité c'est beaucoup plus compliqué.

La tension sexuelle qui existe entre eux est bestiale, l'un et l'autre se consument de désir mais la jeune femme a les pieds sur terre et n'entend pas perdre raison dans une liaison torride. Owen cherche à la séduire, malgré ses bonnes intentions du départ, il est sens dessus dessous en sa présence et espère la convaincre avant la fin de leur séjour (d'une durée de 3 semaines !).

C'est plutôt mignon et pas prise de tête du tout, l'histoire place notre charmant couple dans des situations cocasses, veillant surtout à titiller cette folle attirance entre eux. C'est cousu de gros fil blanc, ça se lit vite et bien, par contre ça vous laisse cette impression d'avoir lu un truc sympa, mais pas mémorable non plus. C'est en effet beaucoup trop léger et on reste tout le temps à la surface des choses, tant on voit venir le tout à des kilomètres à la ronde (lisez un bon ♥Kristan Higgins♥, vous constaterez la nuance !).

12 novembre 2013

Volte-Face, par Michael Connelly

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Volte-Face, par Michael Connelly (Audiolib, mai 2012 - lu par Jacques Chaussepied et traduit par Robert Pépin pour Calmann-Lévy)

Suite aux nouvelles conclusions apportées par les dernières analyses ADN, le criminel Jason Jessup demande la révision de son procès, une vingtaine d'années après les faits. Mickey Haller est occasionnellement nommé procureur du comté de Los Angeles, son demi-frère Harry Bosch est l'enquêteur principal, Maggie McPherson, son ex, est son assistante.

Chapitre après chapitre, on replonge ainsi dans l'horreur et l'innommable (il s'agit tout de même d'un meurtre d'enfant !). On revit l'enquête, on cherche des indices perdus, on démasque les fautes du condamné, on réchauffe son parcours, on débusque les preuves. En un mot, c'est glaçant ! On se passionne néanmoins pour ce procès où règne une ambiance dérangeante, où on découvre aussi la pression médiatique et le contrôle de l'image. C'est un constat lourd, pesant et amer, un regard très cynique.

C'est le deuxième livre que je découvre de Michael Connelly, mais ma première rencontre avec le personnage d'Harry Bosch, et franchement je ne suis pas déçue ! (Je pense reprendre tous les romans pour les lire dans l'ordre chronologique, ce sera mieux.) Pour l'heure, j'ai aimé l'aspect sombre, urbain et sans concession de cette intrigue, au suspense friable et qui se termine en eau-de-boudin. Et pourtant, ça le fait, on adopte ce ton vif et efficace, c'est de la valeur sûre et on en redemande !

12 novembre 2013

Charly 9, par Jean Teulé

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Charly 9, par Jean Teulé (Audiolib, avril 2011 - texte intégral lu par Emmanuel Dekoninck)

Le roi Charles IX est tristement célèbre pour avoir proclamé le massacre de la Saint-Barthélemy.
Dans cette histoire, nous le découvrons jeune, peu sûr de lui, hésitant. Ses proches lui mettent la pression pour faire un peu de ménage, à l'occasion du mariage de sa soeur Marguerite, censé célébrer la réconciliation des catholiques et des protestants, aussi sa mère (Catherine de Médicis) menace de quitter le pays, son jeune frère est animé d'une ambition dévorante et assomme son aîné de réflexions méprisantes, ses conseillers mettent sur le tapis un complot ourdi par les protestants visant à éliminer la famille royale.
Il n'est guère temps de tergiverser, il faut agir !
Mais cet acte sera lourd de conséquences, car le jeune Charles IX va être complètement traumatisé par cette nuit cauchemardesque (qu'on découvre simplement le lendemain, avec les rues baignant dans le sang, es corps déchiquetés exposés au public, ou les corps bouffis flottant dans la Seine...).
La description du désastre est assez saisissante de réalisme et de détails horribles.
Les mois ainsi vont passer et Charles IX va sombrer dans une douce folie. Entre hallucinations, mauvais rêves, prise de conscience d'avoir été manipulé, le roi n'est plus que l'ombre de lui-même.
Ce triste spectacle nous est livré sans fausse pudeur, mais la verve de l'auteur rend finalement la lecture plus aisée à encaisser. Certes, l'histoire n'en demeure pas moins sordide et amère mais le ton pittoresque permet aussi une distance appréciable et bénéfique. Il faut aussi opter pour la version Audiolib, qui est truculente et vivifiante à souhait. Emmanuel Dekoninck conte avec brio les violences d'un XVIe siècle déchiré par le fanatisme et les ambitions. La mise en scène est parfaite, absolument bluffante et quasi dépaysante.
Ce roman nous dévoile aussi les mœurs de l'époque, les origines du muguet offert au 1er mai, les plaisanteries du 1er avril, le jour de l'An fixé au 1er janvier. On croise aussi des figures insolites, comme le poète Ronsard, la reine Margot ou le futur Henri IV, présenté ici avec son fort accent béarnais et une odeur corporelle à faire tourner de l'œil !
De sympathiques détails qui permettent d'oublier un bref instant le portrait affligeant de ce roi victime de son destin.

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7 novembre 2013

La boutique de la seconde chance, par Michael Zadoorian

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La boutique de la seconde chance, par Michael Zadoorian (10-18, novembre 2013 - traduction de Jean-François Merle)

Ce roman était déjà passé entre mes mains l'année dernière, mais le timing n'était pas bon car je l'avais vite reposé sur ses étagères. Cette fois, la tentative s'est avérée concluante, plus douce et apaisante que je n'aurais pu l'imaginer. Car cette histoire avait effectivement beaucoup à me raconter : le narrateur s'appelle Richard, surnommé Chiffo, c'est un as de la brocante, un passionné des vieilles choses. Il tient une petite boutique où il réunit tout son capharnaüm et passe le reste de son temps à chiner dans les foires ou chez des particuliers.

Je vous dois une confession toute personnelle : j'adore chiner, fouiller après les bonnes affaires, dénicher l'objet perdu, retomber en enfance, trouver de l'âme à un objet... C'est une passion qui ne s'explique pas, mais qui fait des émules ! Forcément, ce livre ne pouvait que me plaire car c'est à peu près le même discours que tient le narrateur. Bref, au cours de son histoire, Chiffo perd sa mère et doit vider la maison familiale. Il pensait opérer de manière chirurgicale, sa manière habituelle, et puis il se prend une claque en feuilletant un livre de recettes.

C'est une plongée dans l'intimité de ses parents qu'il ne soupçonnait pas, il va les découvrir sous un jour nouveau, s'attendrir et, peut-être, voir sa propre carapace se fissurer. Car Chiffo n'a pas de vie affective, ses relations avec les femmes sont épisodiques et fugaces, jusqu'au jour où il rencontre Theresa, le clone de Betty Page. Tout ça fait que sa petite existence ordinaire est en pleine ébullition, en train d'évoluer et de mûrir, donc c'est plutôt pas mal. La lecture, dans l'ensemble, est fort sympathique, un peu redondante certes, mais elle attachera quiconque s'enthousiasme pour la brocante et la quincaille, car il y a vraiment des perles au niveau des anecdotes, c'est du petit lait à boire ! 

“ ... convoiter un objet parce qu'il me rappelle mon enfance. Ils sont étranges, les gens. On possède quelque chose quand on est gosse, qu'on est prêt à payer une centaine de fois sa valeur d'origine à l'âge adulte. On croit reconquérir sa jeunesse, son innocence, un truc dans ce goût-là, alors qu'en réalité on ne fait que racheter sa propre ignorance. On cherche à se souvenir d'un temps où l'on en savait moins long. ”

6 novembre 2013

Cathy's Book, par Jordan Weisman, Sean Stewart, Cathy Brigg

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Cathy's Book, par Jordan Weisman, Sean Stewart, Cathy Brigg (Bayard jeunesse, octobre 2013 - traduit par Pascale Jusforgues)

Rien ne va plus dans la vie de Cathy, jeune fille de 17 ans, encore traumatisée par la mort brutale de son père, en conflit permanent avec sa mère et le cœur brisé par sa récente rupture avec Victor. Son petit copain a mystérieusement mis les voiles, laissant derrière lui une flopée de doux souvenirs, la promesse d'un avenir idyllique ... et une petite piqûre au creux de son bras. Cathy s'interroge, aurait-elle été droguée à son insu ?

Elle décide alors de retrouver son ex, mystérieusement disparu, elle s'introduit dans la magnifique demeure de son oncle, découvre qu'il s'agirait en fait de la propriété de Victor, lequel lui aurait omis bien d'autres choses encore, comme l'existence d'une femme et d'une petite fille dans sa vie ! ... Cathy est effondrée, mais est d'autant plus motivée à poursuivre son enquête pour démasquer son bourreau des cœurs.

Suspense, humour, amour et action sont de la partie, dans ce roman qui se présente de façon originale. Il combine à la fois le journal intime, le roman policier, le récit illustré et le roman interactif. Grâce à sa couverture qui se déplie et dévoile moult indices, le lecteur est impliqué dans l'histoire et peut notamment surfer sur un site internet. Ce n'est certes pas une nouveauté, le roman a été préalablement édité en 2008, sous un autre format (couverture cartonnée), du fait de son succès il est remis au goût du jour pour séduire de nouveaux lecteurs !

L'histoire est tout ce qu'il y a de plus prenant et énigmatique, elle s'offre même une incursion dans la sphère surréaliste, au cœur d'un Chinatown envoûtant mais drapé dans ses secrets et sa volonté de se protéger coûte que coûte. On se glisse aussi dans la peau d'une héroïne sensible, mais qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, Cathy est drôle, talentueuse, un peu paumée. Elle est coupable de quelques comportements erratiques, heureusement sa meilleure amie Emma veille au grain pour lui éviter qu'elle perde pied complètement. Cette lecture est tout à fait dans l'air du temps, sur le plan esthétique et du niveau de l'intrigue, c'est une totale réussite.

6 novembre 2013

Aile d'ange, par Ingelin Røssland

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Aile d'ange, par Ingelin Røssland (Rouergue, coll. doAdo noir, octobre 2013 - traduit par Jean-Baptiste Coursaud)

Que de réjouissances à découvrir ce roman, qui se passe sur une île en Norvège, avec pour héroïne une jeune fille délurée, bornée, intelligente et intrépide. Engel n'a pas sa langue dans sa poche, elle aime aussi fureter partout et mettre les pieds dans le plat, c'est pourquoi elle a décroché en job d'été le poste de journaliste à la gazette locale. Certes, elle rêve de sujets brûlants, comme cette affaire de hangars à bateaux qui seraient plutôt des bungalows, construits sur une zone littorale protégée, face à une réserve naturelle. Son rédacteur en chef l'oblige à freiner des deux pieds, ce qui a le don d'agacer la jeune fille, encore plus déterminée à aller au bout de son enquête.

Elle se heurte aussi aux figures notables du patelin, se casse les dents face aux nombreuses difficultés, se prend la tête avec le jeune flic beau gosse, qui ne la lâche pas d'une semelle et vient parfois à sa rescousse sans qu'elle lève le petit doigt. Derrière cette carapace de dure à cuire, Engel masque toutefois sa détresse : elle vit chez sa grand-mère depuis la mort de sa mère, son père travaille à l'étranger et lui demande de le rejoindre, mais la jeune fille refuse. Elle n'est pas encore prête à se livrer, à tout confier ... Et ça tombe bien, puisqu'il s'agit du tout premier tome d'une série de trois livres !

Tant mieux, tant mieux, car il y a encore de bonnes choses à tirer de cette découverte ! D'abord, Engel et ses enquêtes infernales, son attitude échevelée, son bagou considérable, ses relations avec ses proches, et plus particulièrement la complicité naissante avec le jeune flic ! C'est charmant, très attachant, absolument dépaysant. Mais il y a aussi toute la partie autour de la trame journalistique, sa quête de la vérité va la conduire sur des sentiers chaotiques et dangereux, révélant la face sombre du récit. C'est assez glauque et déboussolant, mais ça n'en enlève en rien l'excellente appréciation que m'a laissé ce roman ! Vivement le prochain.

5 novembre 2013

Revanche, par Cat Clarke

Revanche, par Cat Clarke (Robert Laffont, coll. R, octobre 2013 - traduit par Alexandra Maillard) 

Tout commence un soir de fête, des ados qui se lâchent sur la boisson, qui abandonnent leurs inhibitions, qui se roulent dans les fourrés, qui tombent dans les vapes et se débattent avec un inconnu à leur réveil. Ce soir-là, Jem a eu la trouille de sa vie et a catalogué Stuart Hicks de gros obsédé. Comme elle a perdu de vue son meilleur pote, Kai, elle est rentrée seule chez elle.

Les jours d'après, c'est le drame : Kai s'est suicidé. Il n'a pas supporté d'avoir été humilié publiquement parce qu'il était homo. Jem, effondrée par la nouvelle, décide de le venger. Pas de doute possible, pour elle, Stuart et sa bande sont dans le coup. Elle élabore alors un plan en trois étapes : se glisser dans leur Groupe Populaire, devenir l'une des leurs, se faire apprécier et gagner leur confiance. Après quoi, ça va saigner.

C'est avec une consternante facilité qu'elle va ainsi franchir tous ses objectifs, non sans une certaine perplexité car elle se surprend à apprécier son nouveau statut, tout en gardant à l'esprit que ses rapports avec ses nouveaux amis sont faux, calculés, animés par une haine farouche. Pas facile de s'y retrouver, surtout quand la demoiselle décroche la timbale en conquérant le tombeur de la bande. Pourquoi faire simple ?

Ce roman, à la construction habile et redoutable, a su me tenir en haleine jusqu'au bout ! Par contre, c'est moins dans le souci de connaître la vérité (devinée depuis le début), que dans l'optique de connaître la suite logique du plan de l'héroïne. En tant que lecteur, on s'interroge, on doute, on attend... Quel carnage lorsque les masques vont tomber ! Mais ira-t-elle réellement jusqu'au bout ? Ne va-t-elle pas se laisser convaincre que l'amitié et l'amour sont de nouveau à sa porte et lui offrent une seconde chance ?

Je crois que ce roman, aux accents doux-amers, n'a pas envie de nous offrir des solutions faciles et c'est ce qui gratouille à la fin. La mise en scène est impeccable, les thèmes abordés sont des sujets lourds et sensibles (la sexualité, tout particulièrement) et les personnages nous offrent un patchwork de leurs bons et mauvais côtés. Impossible de se ranger pour l'un ou pour l'autre, c'est un gâchis collectif, qui vous laisse une sensation d'immense frustration. Très bon roman !

5 novembre 2013

Vengeance, par Jenny Han & Siobhan Vivian

Vengeance, par Jenny Han & Siobhan Vivian (Panini Books, coll. Scarlett, septembre 2013 - traduction de Carine Roulet)

Forte de mon enthousiasme pour la série de Jenny Han (L'été où je suis devenue jolie), j'étais impatiente de lire ce nouveau titre, écrit avec Siobhan Vivian, l'auteur de La liste. Hélas, triple hélas, la déception aura été au rendez-vous. Comment l'expliquer ? C'est déjà difficile de l'avouer, mais il faut reconnaître que l'alchimie n'a pas eu lieu.

L'histoire se passe sur Jar Island, un cadre paradisiaque, où tout le monde se connaît depuis l'enfance. Trois héroïnes sont à l'honneur : Mary avait quitté l'île des années plus tôt et a décidé de revenir affronter ses vieux démons. Lillia, au comportement de princesse, se ronge les sangs en découvrant que sa jeune sœur fricote avec un garçon plus vieux qu'elle. Kat est la plus délurée, ou la plus rebelle, affublée d'une vie familiale compliquée. Elle a été séduite par le beau gosse plein aux as pendant l'été, le retour au lycée lui vaudra une belle déconfiture.

Toutes les trois ont en commun de vouloir se venger, leurs cibles formant la petite bande des élèves populaires de l'école, auxquels appartient Lillia, ceci dit. Et pourtant, elle accepte de pactiser avec Mary et Kat et œuvre pour obtenir gain de cause. En secret, en cachette, à l'insu de tous. Les filles ne s'affichent jamais ensemble, ne montrent à personne qu'elles se connaissent ou sont de connivence. Leur plan est diabolique, parfaitement huilé, abominablement redoutable !

Malgré tout, je n'ai pas adhéré un seul instant à cette histoire, que j'ai trouvée plate et sans saveur. Je n'ai pas réussi non plus à m'attacher aux personnages, dont les intentions m'ont semblée terriblement vaines, creuses et immatures. Bref, ce roman n'a pas su me convaincre et j'en suis sortie plus que perplexe, pour ne pas dire déçue par cette promesse non tenue. Pour l'heure, j'ignore si je lirai la suite, mais elle figure loin dans mes priorités à lire !

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“Those who don't believe in magic will never find it.” (Roald Dahl)
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