Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
“Those who don't believe in magic will never find it.” (Roald Dahl)
Publicité
28 septembre 2015

La promesse d'Olivia (Harbor House Café, #3) de Christina Skye

  Butterfly Cove (Mills & Boon M&B)

Après bien des déboires professionnels, Olivia choisit de rentrer chez elle, à Summer Island, en Oregon. Elle y retrouve ses amies d'enfance qui mettent sur pied un projet de cuisine et tricot dans une vieille bâtisse classée historique. Les déconvenues sont nombreuses (plomberie vieillissante) et freinent le lancement du commerce. Qu'à cela ne tienne, les jeunes femmes sont optimistes et ont des idées plein la tête. 

Un jour qu'elle rentre de shopping, Olivia est surprise par un pluie diluvienne, avec traînée de boue sur la chaussée, et percute une voiture de police avant de tomber dans les pommes. Verdict : une épaule démise et quinze jours d'immobilité forcée. Ouille. Au passage, elle retrouve pour ange gardien son premier amour, Rafe Russo, désormais adjoint du shérif. 

Oui, on nous l'a déjà fait : le vilain garçon, revenu du front, désormais repenti. Rafe est, de plus, décrit comme bougrement sexy et ténébreux. On trépigne d'impatience, salive aux lèvres, mais ce serait vite s'emballer car notre charmant petit couple va s'avérer d'un ennui... je vous jure, j'ai été déçue. Carrément frustrée.

Handicapée avec son bras, la tête vaseuse, Olivia étouffe sous les attentions et ne sait plus trop ce qu'elle veut (son père vient de mourir, lui laissant une montagne de soucis en guise d'héritage). Rafe ne cesse de la couver et souhaite se racheter (il lui a brisé le cœur en disparaissant sans explication), mais la prévient que leur vieux béguin est mort et enterré. Plus d'espoir à attendre. Youpi.

On se demande alors ce qu'il faut attendre de cette romance, si ce n'est une échappée bucolique, avec papotages entre copines, et des hommes virils qui bricolent torse nu dans le jardin. J'ai souvent souri, mais trop soupiré. Car c'est loin, très loin, d'être émoustillant. Juste lisse, gentillet, affectueux, dégoulinant d'émotion. Le cadre est charmant, les personnages très attachants mais j'aurais souhaité que ça ronronne un peu moins et que le dénouement ne survienne pas aussi vite.

Harlequin, coll. Sagas, Août 2015 - traduit par Juliette Bouchery (Butterfly Cove)

Publicité
22 septembre 2015

La Petite Brune dans la Prairie, par Eve Borelli

La Petite Brune dans la Prairie

Quelle lecture exquise et à l'humour dévastateur ! Je me suis souvent surprise à m'esclaffer et rire de bon cœur. Il faut dire aussi que l'histoire d'Anna nous en fait voir de toutes les couleurs.

Contrainte par sa mère de participer à un jeu télévisé (un ersatz de l'Amour est dans le pré), Anna tombe vite sous le charme de son hôte - Romuald, un œnologue sexy et baraqué, avec des lèvres pulpeuses. Elle se voit déjà le vamper dès son entrée en scène, laquelle se solde par un vol plané dans la gadoue. Ah, ah.

Or, elle réalise qu'elle n'est pas seule en compétition et se frite avec la bimbo hystérique. Seule solution, Anna se débat avec ses pitreries, sans peur du ridicule - elle roule sous la caravane du producteur pour espionner sa rivale, enfile un vieux casque de grand-père pour rouler en scooter, danse la macarena ou délivre sa déclaration au micro dans une gare bondée.

Sûr que c'est complètement déjanté, mais irrésistible.

J'étais bidonnée à la lecture des aventures rocambolesques de notre citadine en quête d'amour. Elle récoltera ou non le prix de la gloire, mais risque de s'en sortir avec une note salée chez le pressing. Dieu qu'elle est gaffeuse, une vraie « gueuse » comme dirait l'autre. Surtout ne changez rien, car j'ai aimé cet esprit loufoque qui donne du charme et du pep's à la comédie. On passe un moment extra !

HQN / Juin 2015 - ebook uniquement 

description

20 septembre 2015

Chroniques douces-amères #1

Le sourire des femmes by Nicolas Barreau

Le roman avait tout pour me plaire, avec une entrée en matière alerte et séduisante. Aurélie achète en librairie un roman qui l'interpelle, car l'héroïne lui ressemble comme deux gouttes d'eau et travaille dans un restaurant qui porte le même nom que le sien, Le Temps des Cerises, rue Princesse. Cette lecture survient à point nommé, puisque la jeune femme se morfondait sur son sort suite à une rupture amoureuse. Elle décide donc d'entrer en contact avec l'auteur, un certain Robert Miller, par l'entremise de son éditeur, André Chabanais. Commence alors un délicat subterfuge, mené non sans maladresse, vers une aventure particulièrement houleuse, mais où le désordre amoureux se pare de magie et d'enchantement.

Cette comédie romantique, plantée dans un Paris pittoresque et gourmet, concentre tous les ingrédients nécessaires pour enjôler le lecteur. J'étais tout à fait disposée à me laisser faire, bonne poire que je suis, sauf que j'ai vite été saoulée par la fameuse supercherie (qui prend des tours patauds et assez niais). Je n'ai pas non plus été séduite par le personnage masculin, ni par l'écriture assez maniérée - du genre, « il a commis un attentat sur mon cœur »... Trop chichiteux et mielleux. Cela a eu pour effet de rompre définitivement le charme. Dommage.

Le sourire des femmes, de Nicolas Barreau

Éditions Héloïse d'Ormesson / Février 2014 ♦ Traduit de l'allemand par Sabine Wyckaert-Fetick (pseudonyme de Sophie Scherrer) ♦  Livre de Poche / Janvier 2015

 

Le bonheur n'est pas un sport de jeune fille by Elise Tielrooy

Guillemette est masseuse dans un centre de thalasso. Réputée pour son sérieux et ses petites attentions envers ses clients, elle n'a pourtant plus la tête au boulot depuis qu'une terrible nouvelle vient d'ébranler ses certitudes. La jeune femme remet tout en cause, tout en question. Son passé, ses origines, sa famille... rien que des mensonges !

Mona, Victor, Iris, Claudine ou encore Thomas vont également voir leur petite barque chavirer par cette onde de choc. Ils espéraient un séjour à la mer en toute quiétude, s'imaginaient profiter de la nourriture diététique pour se sculpter une silhouette élancée ou rêvaient de leurs premières vacances loin des tracas du quotidien... Foin de tout ça ! Leur cure de détente ne sera pas de tout repos.

Ce roman qui s'annonçait sympathique, léger, guilleret et estival n'a finalement pas su me séduire : l'histoire est longue à démarrer et manque de fantaisie. L'intrigue est attendue, avec une galerie de personnages sans attrait. Enfin, personnellement, je suis restée à l'écart du courant romanesque. Lu sans grande conviction, avec une pointe d'amertume.

Le Bonheur n'est pas un sport de jeune fille, d'Elise Tielrooy

Belfond / mai 2014

 

Rue du Bonheur by Anna Fredriksson

Johanna est divorcée depuis neuf ans et élève seule ses deux filles dans leur appartement familial, Rue du Bonheur. Après bien des déboires, elle remporte le pactole au Loto et décide de tout plaquer pour s'installer à Stockholm. Elle achète un superbe loft dans le même immeuble que son ex, Calle, souhaitant ainsi que Sara et Agnes passent plus de temps avec leur père. Celui-ci a radicalement changé de vie, désormais dentiste, avec des revenus conséquents, il vit avec une jeune femme brillante, Fanny, qui ignore tout de son passé.

La routine des uns et des autres va alors être gravement bousculée, pour le bien des enfants, et pour l'inconfort des adultes. Chacun va tenter de trouver sa place au sein de cette nouvelle famille recomposée et ajuster leur cadre de vie, leurs ambitions et leurs attentes. L'histoire laisse finalement peu de place aux rêves et aux paillettes car l'ambiance est assez pesante, engluée dans un vaste champ d'amertume et de regret. Je n'ai, de plus, pas su m'attacher aux personnages, ni à leurs parcours.

Avec un titre aussi féerique, j'imaginais une lecture plus avenante... Mais l'histoire est loin d'être idyllique ! N'ayant pas reçu ma dose nécessaire de crème trop sucrée, j'en sors fort désappointée. J'ai comme été trompée sur la marchandise, je suis un peu déçue.

Rue du bonheur, d'Anna Fredriksson

Denoël, Collection Histoire romanesque / Mai 2014 ♦ Traduit du suédois par Carine Bruy [Lyckostigen]

13 septembre 2015

Moi & Moi - Vice Versa, par Sarah Mlynowski

Gabrielle se trouve face à un choix cornélien : accepter un nouveau job à New York ou rester à Phoenix avec son fiancé qui refuse une relation longue distance. Pourquoi choisir ? Elle prie tous les saints de lui octroyer ce rêve insensé de mener en parallèle ces deux vies idylliques. Ne cherchez pas à comprendre, ça fonctionne ! Sitôt qu'elle tombe de sommeil, elle se retrouve dans l'une ou l'autre existence.

Certes, c'est assez perturbant. Surtout qu'un fossé va très vite se creuser entre ce que vit Gabby à Manhattan ou en Arizona. D'un côté, sa carrière est florissante. La jeune femme prend confiance en elle. Elle est forte, combative et sûre d'elle. Par contre, elle partage son appart avec une colocataire hystérique et rumine son avenir sentimental avec amertume.

De l'autre côté, Gabrielle se voit embarquer dans les préparatifs d'un mariage qu'elle ne contrôle plus. C'est sa belle-mère qui gère tout et lui impose ses goûts. Son fiancé s'écrase. Gabby se sent incomprise et délaissée. Est-il juste pour une femme de devoir choisir entre l'amour et sa carrière pour s'épanouir ? C'est terriblement frustrant.

Sarah Mlynowski impose du rythme et de la fantaisie à son récit, et heureusement quelques séquences comiques (la soirée avec Brad ou le Noël empoisonné par des cadeaux peu judicieux), pour soulager la dose de stress que nous inspire cette histoire. On en aurait presque le tournis, en plus d'avoir les nerfs à fleur de peau.

Par bonheur, la balance est équilibrée, chaque situation présentant ses qualités et ses défauts. La décision finale n'en est que plus satisfaisante. Je ne suis sans doute pas fan du fiancé (fils à maman) mais j'ai été emportée tout du long dans cette comédie dynamique et enjouée. Une chouette surprise, agréable à lire !

Publié en Juin 2015 par Harlequin / coll. &H (1ère édition 2006) ♦ Traduit par Nadine Ginape-Mercier (
Me vs. Me)

11 septembre 2015

Les gens heureux lisent et boivent du café, par Agnès Martin-Lugand

 

Ah, l'Irlande ! ...

 

Je me méfiais de ce roman à succès, m'attendant à une histoire sirupeuse et larmoyante - les prémices réservant déjà de bonnes scènes mélodramatiques (Diane perd son mari et sa fille dans un accident de voiture). Après quoi, on voit la jeune femme s'effondrer et refuser de vivre sans eux. Elle s'enferme un an chez elle, ne va plus bosser et accepte la seule présence de son meilleur ami Félix.

Puis, sur un coup de tête, elle court se réfugier dans un coin paumé en Irlande. À Mulranny. Diane passe de longues heures à errer sur la lande sauvage ou sur la plage, noyant son chagrin sous les embruns et le vent frigorifiant. Elle y fait aussi la rencontre de gens charmants et conviviaux, ainsi que de son voisin - Edward - qui, par son attitude rustre et malpolie, va la tirer de sa léthargie.

Je ne m'attendais pas à un roman époustouflant, donc j'estime ne pas avoir été trompée sur la marchandise : la lecture a été agréable et purement distrayante ! J'ai néanmoins quelques réserves...

Là où d'autres s'émoustillent sur les interactions volcaniques entre Diane et son partenaire, j'avoue une certaine lassitude et la sensation d'un scénario prémâché. Leurs chamailleries incessantes m'ont paru forcées et pas très crédibles. Et cette Megan qui surgit de nulle part ? Franchement risible et d'une utilité sans queue ni tête.

Bref, j'avais matière à pester contre cette histoire banale et stéréotypée mais j'ai tellement adoré être transportée sur cette magnifique terre irlandaise que j'ai tout gobé, tout absorbé, en pinçant le nez aussi (dingue comme la consommation abusive de tabac est banalisée dans le roman) et ne regrette absolument pas d'avoir cédé à la curiosité. 

Pocket / Juin 2014 ♦ Michel Lafon / Juin 2013

 

 

Sans doute l'auteur a-t-elle voulu se réconcilier avec son public en leur concoctant cette suite et leur donner des nouvelles de Diane. 

Trois ans ont passé, notre parisienne a fait du chemin. Elle va bien, merci. Son travail au café littéraire occupe l'essentiel de son temps, jusqu'à ce qu'elle cède aux insistances de Félix - rencontrer des hommes, à nouveau. Et bim, elle tombe sous le charme d'Olivier. Calme, rassurant, patient.

Par contre, Diane a développé une phobie des enfants, ne peut plus les voir en pâture et panique dès qu'elle se trouve en leur présence. Le souvenir de sa fille est trop fort, limite étouffant. Et puis bam, l'Irlande s'invite de nouveau à sa porte. Il est temps pour Diane de retrouver ses amis et de solder définitivement ses comptes (*Edward*). Boum ! 

Ce livre ne déroge pas au plaisir d'une lecture simple, agréable et distrayante. Par contre, qu'est-ce que ça verse dans le mélo ! Pfiou, ça colle aux doigts et ça titille exprès la glande lacrymale... C'était trop. Je ne me sentais plus en empathie. Pour moi, cette suite n'avait pas lieu d'être, elle existe « pour la forme » mais est parfaitement dispensable.

Michel  Lafon / Avril 2015

Publicité
6 septembre 2015

A un détail près (Blue Heron, #1), de Kristan Higgins

Faith Holland décide de rentrer au bercail pour affronter ses vieux démons (un fiancé gay qui l'a plantée devant l'autel) pour ensuite trouver l'homme de sa vie. Cela implique également de revoir Levi Cooper, désormais le chef de la police locale, ancien héros de guerre et meilleur ami de son ex, à l'origine du sabotage de son mariage.

Ces deux-là ne se portent pas une estime folle, mais font contre mauvaise fortune bon cœur. Amenés à se croiser souvent, parfois dans des situations embarrassantes (la scène des toilettes !), ils génèrent par leurs dialogues de chouettes moments de lecture qui font mouche. C'est piquant, drôle et ça distille une intensité sexuelle appréciable, car jamais racoleuse.

Et c'est ce que j'aime tant dans les livres de K. Higgins, qui sont avant tout des comédies romantiques, brassant des valeurs traditionnelles, des couples charmants et des intrigues simples mais efficaces. (L'auteur fustige par deux fois une célèbre saga aux nuances grisâtres...) ☺ 

J'ai adoré me promener dans les rues de Manningsport, avaler un café chez Lorelei ou dévorer des nachos chez Colleen. Je me sentais comme chez moi. Kate est une héroïne moderne, loin d'être parfaite, avec son physique moelleux et sa vieille peur de finir seule. Elle a besoin de reprendre confiance en elle en chassant son sentiment de culpabilité depuis la mort de sa mère. 

Et donc, Levi... taciturne et renfrogné, traumatisé par son passé, incapable de se confier aux autres, a lui aussi du travail à accomplir pour laisser libre cours à sa corde sensible. L'alchimie au sein du couple est réelle, touchante et pleine d'allant. Autour d'eux gravite l'imposante et infatigable famille Holland qui, par leurs anecdotes et leurs frasques, offre un portrait explosif et déjanté !

J'ai barboté dans un bouillon de bonheur, entre tendresse, émotion et une avalanche de clichés. J'ai franchement hâte de les retrouver dans les prochains livres à paraître (au moins 4). Et je conclurai sur cette note, que seuls les initiés comprendront, en reconnaissant à Justin Timberlake un “potentiel” insoupçonné ! ^-^ 

éditions Mosaïc / Juin 2015 ♦ Traduit par Karine Xaragai (The Best Man)

31 juillet 2015

L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, de Karine Lambert

C'est sans réelle fantaisie, mais avec élégance et lyrisme, qu'est racontée cette folle histoire de “renoncement” aux hommes. Juliette, nouvellement arrivée dans l'immeuble en question, est une célibataire de 30 ans, en quête d'amour, qui ne comprend pas ce choix. À la tête de cette ruche, se trouve la Reine. Ancienne danseuse, au corps perclu de rhumatismes.

La Reine, du haut de son piédestal, a imposé à ses suivantes un régime drastique en matière de relations sentimentales. Giuseppina, Rosalie et Simone l'ont consenti de bonne grâce. À force de ressasser leur passé sans gloire, elles ont préféré se calfeutrer derrière la façade de la Casa Celestina pour panser leurs plaies.

L'amitié aidant, Juliette va également trouver sa place parmi cette communauté attachante et conviviale, qui procure une sensation apaisante de lecture. J'ai beaucoup apprécié le message positif et sans prétention du livre ! 

Michel Lafon / Mai 2014 ♦ Livre de Poche (juin 2015)

« On ne remplace pas l'amour par autre chose. On remplace les illusions, l'attente, les turbulences, la dépendance, les déceptions, les thérapies de couple, le rien, par des choses agréables, à portée de main, qui ne disparaîtront pas au premier coup de vent, à la montée de sève, au printemps.
- Vous remplacez l'amour par des ateliers de poterie et des longueurs de piscine ?
- Un univers insoupçonné de béatitude !
- Une vie sans hommes, c'est une vie sans sel, sans sucre, sans piment, sans miel. »

Carrie diaries

14 avril 2015

Fille des cauchemars (Anna, #1)

« Anna Korlov. Anna à la robe rouge de sang.
Le nom roule dans l'espace comme une déferlante. Ma voix intérieure se le répète depuis si longtemps que je frissonne de l'entendre, dans la bouche d'un autre, trancher l'air comme une lame de rasoir. »

description

Cassio Thésée tue les fantômes, comme son père disparu trop tôt, et parcourt le pays pour traquer ces âmes en peine, qui se vengent sur les vivants en les piégeant à leur tour. Sa nouvelle mission le conduit sur les traces de la terrifiante Anna Korlov, jeune fille tuée le soir de son bal de promo. Depuis, son fantôme déchaîné n'a eu de cesse de multiplier les victimes, dès qu'on s'approche de sa maison. Cas en fera la douloureuse expérience en assistant, impuissant, à l'assassinat sanglant d'un camarade de lycée sous ses yeux ébahis.

Jusqu'ici l'histoire m'a carrément scotchée : mise en place angoissante, personnages attachants, intrigue entortillée, thriller, horreur, fantastique... tout se mêle avec joie pour exciter notre curiosité. J'étais ferrée. Le milieu du roman fait chuter la pression, devient presque commun et ose proposer une relation sentimentale totalement inopportune ! Bref. Passons. La fin renoue avec les émotions fortes, c'est chaud, intense, palpitant. Purée, ça envoie du steak et ça vous colle dans le fond de votre siège. Grosse boule au ventre. Pfiou, vous tournez la dernière page sur une sensation d'hébétude.

J'ai été impressionnée par l'audace du roman, avec son histoire de fantôme sanguinaire (et sa très belle couverture), l'auteur a pris le parti de bousculer gentiment son lecteur avec un univers riche et poignant. Cela change des façades un peu trop lisses des livres YA actuels et c'est très bien ainsi !

23 février 2015

Le Bureau des objets perdus

Portrait d'une rêveuse, brodé avec tendresse et facétie.  « Je passe ma vie à chercher mes affaires ! »

IMG_2950

Ou comment un court roman de 120 pages nous régale par son écriture légère et poétique et son histoire insolite d'une adolescente habituée de perdre ses affaires.

Pour nous, c'est aussi le début des vacances, le temps de se remettre de la grippe, de la météo capricieuse, du ciel gris encombré par les nuages menaçants... et de chasser l'humeur chagrine de ces derniers jours. Vite, une éclaircie ! 

14 février 2015

Valentine's Day : Le pacte des cœurs brisés par Sarah Ockler

Du charme et de la tendresse, y'a que ça de vrai ! ☺

IMG_2891

Le père de Jude est atteint d'un Alzheimer précoce, qui chamboule sa vie et celle de ses proches. Voyant qu'il s'enflamme dès qu'il évoque sa jeunesse à barouder sur sa moto, Jude pense lui faire plaisir le temps d'un été, en réparant sa mythique bécane, la Valentina. Mais leur mécano n'est autre que Emilio Vargas, dont les frères aînés ont brisé le cœur des frangines de Jude. La cadette vient de briser un pacte sacré !

J'ai beaucoup aimé ce roman, écrit avec naturel, spontanéité, tendresse et espièglerie. La plume de Sarah Ockler fait des merveilles et communique une fraîcheur combinée à une vraie joie de vivre. Me suis régalée. La relation entre les jeunes tourtereaux met du baume au cœur, c'est mignon et attendrissant, avec un Emilio absolument craquant et irrésistible dans son rôle de canaille.

C'est de la guimauve, sucrée et moelleuse. Mais c'est aussi une histoire incroyablement touchante et bouleversante, certifiée sans pathos. Il y a une belle unité familiale, avec une fratrie de sœurs, autour du père malade et de la petite dernière qui rêve de s'émanciper mais tremble à l'idée de quitter le cocon douillet de l'enfance.

Un roman tout simple et attachant, et qui possède un charme fou. ♥

La Martinière J. , septembre 2014 ♦ traduit par Frédérique Fraisse (The Book of Broken Hearts)

27 novembre 2014

♥ Cool Sweet Hot Love, par Erin McCahan ♥

L''une de mes dernières lectures aimées fort-fort-fort ... 

Josie, 16 ans, est surdouée. Se rendant tour à tour au lycée, où ses parents tiennent absolument à ce qu'elle maintienne le lien pour être avec des jeunes gens de son âge, et à l'université, où elle suit des cours de sociolinguistique avec Stu, son voisin - ami d'enfance, Josie laisse très peu de place au hasard et à la spontanéité. 

Pourtant, lorsqu'elle croise le séduisant Ethan Glaser, ses sens sont en alerte, comme un ralenti de film romantique.

description


Assez naïve et inexpérimentée en la matière (l'amour et la confusion des sentiments), Josie y prête néanmoins un intérêt grandissant : toutes ses copines ont des béguins pour des camarades, même Stu est un Casanova en puissance, et plus terrible encore, sa sœur Kate vient de présenter officiellement son dernier petit copain en date - Geoffrey Stephen Brill - un type suffisant et casse-pied. Josie dit niet, mais Kate se fâche et lui réplique qu'elle n'y connaît rien en amour.

Pour lui prouver le contraire, la cadette décide d'explorer ce terrain inconnu à l'aide de fines observations, de pratiques balbutiantes et de nombreuses interrogations auprès de ses congénères. Qu'est-ce qui fait que ... qu'est-ce qui rend si ... 

description


Enfin bref, vous l'aurez compris, l'amour n'est pas une science exacte, et Josie va s'en mordiller les doigts. Et c'est drôle, c'est tendre, c'est bougrement attachant.

Ce roman dresse un portrait pittoresque d'une jeune fille brillante, mais complètement immature sur le plan affectif (car terriblement cartésienne), qui se lance dans une croisade insensée sur les élans du cœur et ses petits tracas. 

Son parcours est raconté avec humour et sensibilité (pauvre Josie, tout de même, sa sœur aussi manque de tact !). J'avais des bouffées de compassion, vite chassées par cette ambiance bon enfant qui règne de bout en bout dans le livre.

En bref, j'ai souri et j'ai aimé, énormément. C'est farfelu, sans tomber dans le grotesque. Tout est analysé, décrypté, passé à la moulinette, avec un certain goût pour la dérision. 

J'ai aussi craqué pour cette famille exemplaire, habituée de vivre en harmonie, je me sentais tellement à mon aise que je n'avais pas envie que l'histoire se termine. Le cocktail est délicieux, sucré et piquant. Un pur régal. 

description


19 novembre 2013

Le lion, de Joseph Kessel

vintage

“ Un rire enfantin, haut et clair, ravi, merveilleux, sonna comme un tintement de clochettes dans le silence de la brousse. Et le rire qui lui répondit était plus merveilleux encore. Car c'était bien un rire. Du moins, je ne trouve pas dans mon esprit, ni dans mes sens, un autre mot, une autre impression pour ce grondement sonore et débonnaire, cette rauque, puissante et animale joie. 
Cela ne pouvait pas être vrai Cela tout simplement ne pouvait pas être.
A présent, les deux rires - clochettes et rugissements - résonnaient ensemble. Quand ils cessèrent, j'entendis Patricia m'appeler.
Glissant et trébuchant, je gravis la pente, me raccrochai aux arbustes, écartai la haie d'épineux avec des mains lardées de ronces et sur lesquelles le sang perlait.
Au-delà du mur végétal, il y avait un ample espace d'herbes rases. Sur le seuil de cette savane, un seul arbre s'élevait. Il n'était pas très haut. Mais de son tronc noueux et trapu partaient, comme les rayons d'une roue, de longues, fortes et denses branches qui formaient un parasol géant. Dans son ombre, la tête tournée de mon côté, un lion était couché sur le flanc. Un lion dans toute la force terrible de l'espèce et dans sa robe superbe. Le flot de la crinière se répandait sur le mufle allongé contre le sol.
Et entre les pattes de devant, énormes, qui jouaient à sortir et à rentrer leurs griffes, je vis Patricia. Son dos était serré contre le poitrail du grand fauve. Son cou se trouvait à portée de la gueule entrouverte. Une de ses mains fourrageait dans la monstrueuse toison. 
« King le bien nommé. King, le Roi. » Telle fut ma première pensée. ”

extrait de Le lion, par Joseph Kessel (Gallimard jeunesse, coll. Bibliothèque, mai 2013)

Un régal de se replonger dans cette lecture qui avait enchanté mon adolescence ! ... ♥

13 mars 2014

Destiny, Tome 2 : A l'ombre des pommiers, par Toni Blake

beautifulcliche

Cette lecture aura été du plaisir sur toute la ligne ! C'est l'histoire d'une jolie citadine, Rachel Farris, qui revient dans sa ville natale (Destiny) pour filer un coup de main à sa grand-mère Edna, dépassée par la récolte des pommes de son verger. Conduisant à fond de train, la jeune femme est épinglée par un agent de police, Mike Romo, qui lui colle une sévère contredanse.

Rachel est convaincue qu'il agit par pur esprit de vengeance : leurs deux familles se détestent depuis des générations, à cause des fameux vergers dont cette chère Edna est la propriétaire. Les Romo estiment qu'elle a floué le grand-père Giovanni. Bref. Mike Romo veut de nouveau la guerre ? Rachel lui tiendra la dragée haute. Ah, ah. Inutile, pourtant, de souligner qu'il existe une attraction physique et électrique entre ces deux-là.

Même s'ils tendent à y succomber (histoire d'en finir avec “ça”), ils vont continuer de ruer dans les brancards et faire vivre à l'autre un véritable enfer. À lire, c'est franchement génial ! Le couple est explosif, sur la même longueur d'ondes, allergique au romantisme et handicapé par les mêmes béquilles (la famille !). Mais cette sensiblerie n'est qu'une toile de fond (assez récurrente chez Toni Blake), car on passe le reste du temps à s'esclaffer et taper dans les mains.

C'est léger, sexy, jamais vulgaire, planté dans le monde merveilleux de “la petite ville américaine”, avec toute une brochette de personnages secondaires qu'on adopte aussitôt, c'est une romance subtile et très réussie entre un “flic-dieu” et une snobinarde intrépide, avec en bonus des pommes, un caleçon léopard et une mamie drôlement délurée ! ... J'ai adoré. ♥

J'ai Lu coll. Promesses, Mars 2013 - traduit par Marie-Noëlle Tranchart

3 mars 2014

Tes mots sur mes lèvres, par Katja Millay

dreamcatcher

J'ai beaucoup entendu parler de ce livre, en bien. Aussi j'étais impatiente de le lire (mais un peu craintive tout de même). Le début s'est effectivement avéré laborieux et un peu long à se mettre en place, les personnages sont fermés, Nastya et Josh sont deux jeunes gens qui se sentent en marge de la société, marqués par la vie, ils estiment qu'ils n'ont pas droit au bonheur. C'est seulement en se rapprochant qu'ils vont comprendre le poids de leur solitude et le besoin de faire peau neuve, mais il faudra énormément de temps et de patience pour en tirer de telles conclusions !

L'histoire, en fin de compte, se dessine assez timidement, mais avec beaucoup de délicatesse. Nastya est une jeune fille brisée, qui ne parle plus suite à son traumatisme et a choisi de s'habiller de façon vulgaire pour tenir les autres à distance. Josh a perdu tous ceux qu'il aimait et vit seul dans son coin pour mieux se protéger et ne plus risquer de s'attacher aux autres. Un soir, Nastya se faufile dans son garage, après sa séance de jogging, elle s'installe sur son établi (le garçon est un dingue de menuiserie et d'ébénisterie) et le regarde bricoler. Elle reviendra tous les soirs, sans explication. Et lui l'accepte aussi simplement.

Ne vous imaginez pas une romance légère et chatoyante, un soupçon de passion ou d'action, vous serez amèrement déçus. La relation à venir est étrange et complexe, empêtrée par le silence et les non-dits. On cerne vite le désespoir de notre couple, leur tendance à se déchirer intérieurement, à ne pas se faire confiance. Mais c'est franchement éprouvant. Et je ne suis pas sûre d'aimer une telle histoire, où on se sent moins bouleversée que déprimée. C'est trop dévastateur, je ne me sentais pas à mon aise.

Je n'avais qu'une envie, que les personnages avancent, brisent leur coquille, jouent franc-jeu. Au lieu de ça, ils perdent un temps fou à souffrir, à s'infliger toutes sortes de tortures, sous prétexte qu'ils ne valent pas mieux que ça. C'est très triste, assez étouffant aussi. Cette lecture n'a pas su coller à mes attentes, mais elle renferme des émotions fortes qui sauront toucher les bonnes personnes. J'ai beaucoup aimé la relation qu'ont tenté de tisser Nastya et Josh, mais il y a trop de douleurs autour pour y succomber en toute innocence.

Fleuve Noir, coll. Territoires, janvier 2014 - traduit par Juliette Lê

23 octobre 2014

Juste avant le crépuscule, de Stephen King

Juste avant le crépuscule de Stephen King

Juste avant le crépuscule… C’est l’heure trouble où les ombres se fondent dans les ténèbres, où la lumière vous fuit, où l’angoisse vous étreint. L’heure de Stephen King.

Ce sont 13 nouvelles, dites terrifiantes, qui composent le menu de ce recueil. Avouons que tout n'est pas bon ou à la hauteur des attentes, j'en sors assez frustrée pour tout dire.

* Willa : Une histoire de fantômes, peu effrayante, juste touchante et sur le pouvoir de l'amour qui dure, qui dure...

* La fille pain d'épice : L'une des mes préférées. Après la mort de son enfant, une jeune femme se met à courir pour tout oublier et part se ressourcer dans la maison de son père, sur une île. Sur place, elle va croiser le chemin d'un psychopathe. Franchement, cette histoire est géniale. Un régal d'intensité dramatique.

* Le rêve d'Harvey : Quelconque ...

* Aire de repos : Ou comment réagiriez-vous si vous surpreniez une sévère dispute entre un homme et sa femme dans les toilettes d'une aire d'autoroute ? ! Mouiii, pas sensationnelle non plus.

* Vélo d'appart : Étrange et délirante divagation d'un homme qui trompe son ennui, en pédalant sur son vélo d'appart. Ses pensées le font voyager loin, loin, très loin... Plutôt cocasse, pas flippant.

* Laissés-pour-compte : Pas aimé. Abandon.

* Fête de diplôme : Pas transcendante, mais sympathique. Une fille de banlieue, petite copine d'un gosse de riches, est conviée par un bel après-midi à jouer au tennis dans leur propriété. Le twist final bouleverse la donne, avec une pointe d'humour appréciable.

* N. : Longue, très longue... j'ai décroché.

* Un chat d'enfer : Enfin une histoire riche et excitante, qui tourne autour d'un contrat peu banal, un tueur à gages doit faire la peau d'un chat ! On se croirait dans du Edgar A. Poe ! Génial.

* Le New York Times à prix spécial : Un jour, vous recevez un coup de fil de votre époux qui vient de trouver la mort dans un accident. Il vous prévient, ne fais pas ci, ne va pas là, préviens celui-ci, etc. Ok. Merci. Au revoir. Les jours d'après, vous réalisez avec effarement qu'il n'avait peut-être pas tort... Pas mal du tout. Simple, mais efficace.

* Muet : Ouiii, encore une réussite ! Un commercial prend en auto-stop un sourd et muet, qui se rencogne dans le coin de la voiture, prêt à somnoler. Le conducteur, lui, se met à déblatérer sur sa vie, son épouse, son infidélité etc. Les conséquences, vous pensez bien, vont être plus que désastreuses. S.King évoque Hitchcock dans ses notes de fin, il ne m'en fallait pas davantage !

* Ayana : Pas mémorable...

* Un très petit coin : Percutante, proche de la folie, violente et agressive. Un dernier tour de piste qui nous lâche à bout de souffle !

En bref, les nouvelles sont de qualité inégale (comme souvent) mais j'ai trouvé ça définitivement frustrant ET contrariant. Peut-être suis-je également devenue moins friande de nouvelles, ou est-ce le format audio qui ne colle pas à ce genre littéraire... Toujours est-il que je n'y trouve pas mon compte ! Michel Raimbault n'a jamais démérité et a livré une interprétation impeccable, tour à tour troublante et ensorcelante.

Audiolib, avril 2010 ♦ texte intégral lu par Michel Raimbault (18h 35) ♦ traduit par William Olivier Desmond pour les éditions Albin Michel  ♦ disponible en format poche

28 novembre 2013

“You can't rely on love. Love will let you down every time. Every. Single. Time.”

Game

Game, de Barry Lyga (Msk, novembre 2013, traduit par Marie Cambolieu)

Jazz Dent est le fils du criminel le plus dangereux du pays, mais il a choisi de s'émanciper en traquant les tueurs en série pour les livrer à la police. Sa première collaboration avec le shérif de Lobo's Nod a permis d'asseoir sa réputation déjà bien sulfureuse ! Cette fois, c'est la police de New York qui toque à sa porte pour solliciter son aide. Un certain Hat-Dog est en train de semer la panique au sein de la cellule de recherche, peut-être Jazz parviendra-t-il à décrypter les scènes de crime, toutes plus glauques les unes que les autres.

Très franchement, j'ai été scotchée par cette lecture - un thriller, un vrai - qui ne fait pas dans la dentelle, qui nous balade dans les méandres du crime en série, avec petite incursion dans l'esprit du pervers, hmm, c'est absolument noir de chez noir, mais les sensations fortes sont garanties. Jazz trime toujours pour se débarrasser de son héritage, il se sent oppressé et craint de porter en lui les mêmes gènes criminels, alors il se blinde derrière une barricade de cynisme, il élève un mur entre sa petite copine et lui, qu'il adore mais qu'il refuse de toucher pour ne pas basculer dans l'horrible tentation du Mal.

Cette mécanique peut paraître cinglée, néanmoins elle ne nous apparaît plus si farfelue dès lors qu'on plonge dans les tréfonds de son âme. Jazz est un survivant, son père est un malade, le pire c'est que celui-ci a pu s'évader et se promène dans la nature, pouvant surgir à tout moment pour lui pourrir la vie. Car Jazz est convaincu que son père attend dans l'ombre, espérant voir vaciller son rejeton, pour qu'il embrasse à son tour une carrière de criminel !

Oh oui, c'est tordu et lugubre, mais c'est bluffant. L'enquête policière est palpitante, avec descriptions peu ragoûtantes, détails sordides et abjects, demandez le programme, vous serez vernis ! On retrouve aussi les proches de Jazz avec grand plaisir, Connie sa dulcinée et Howie son meilleur pote, tous deux associés malgré eux dans une intrigue menée en parallèle. En somme, le rythme est bon, stressant, avec une véritable implication dans l'enquête, qu'on suit pas à pas.

J'ai nettement préféré ce deuxième livre, que j'ai trouvé meilleur, plus sombre, plus haletant. Le dénouement est glacial, avec grosse sensation de frustration au moment de refermer le livre (car il faut attendre le prochain épisode, mais vraiment, vraiment, vraiment ! ...).

24 juillet 2014

Les demoiselles de Spindle Cove, Tome 2 : Une semaine de folie, par Tessa Dare

loveromance

Minerva Highwood, déjà croisée dans le précédent épisode, avait su se démarquer par sa passion pour la géologie. Sa mère en lève les yeux au ciel, mais qu'importe, la demoiselle préfère courir la campagne, fouiller les sols et lire des ouvrages scientifiques plutôt que danser, écrire de la poésie, boire son thé à petites gorgées ou pavaner dans les bals pour trouver un prétendant.
De toute façon, avec son physique quelconque, Minerva a conscience qu'elle ne trouvera jamais la perle rare. Même sa propre mère lui serine qu'elle est une cause désespérée ! Toute l'attention de la famille est d'ailleurs focalisée sur la sœur aînée, la ravissante et vaporeuse Diana. Celle-ci aurait conquis le jeune vicomte de Spindle Cove, lord Payne, dont la réputation de débauché n'est hélas plus à peindre...
Aussi, pour soustraire sa sœur de cet intérêt dégradant, Minerva décide de s'immiscer dans leur romance et propose à Colin une fugue amoureuse, jusqu'en Écosse. Notre séducteur s'esclaffe, avant de se raviser. Et impose ses conditions.

Bien évidemment, l'aventure qui va suivre est proprement hallucinante.
Jamais couple n'a été aussi dépareillé, ce qui occasionne de belles séquences cocasses et sexy.
Car, au nom de la sacro recherche scientifique, Minerva se livre à des expériences d'un genre nouveau, guidée par les conseils d'un expert en l'art de séduction, pas mécontent d'avoir trouvé une partenaire aussi voluptueuse et hardie !!
Oui, oui, c'est scandaleux mais pas dépravé non plus.
Tessa Dare joue toujours sur la corde raide du désir, sans franchement basculer dans la décadence. Et pour bien faire, elle y met les formes ET l'humour. La complicité qui va naître entre Minerva et Colin est franchement savoureuse. Soudés dans l'adversité et développant au fil de leur parcours une connivence coquine et espiègle, tous deux vont beaucoup apprendre de l'autre, elle pour son épanouissement personnel, lui pour se libérer de ses démons... «  Vous avez le goût des prunes mûres. - Allons, c'est absurde. - Pourquoi ?  - Parce que ce n'est pas la saison des prunes. »  

C'était encore un vrai régal de lecture, une romance placée sous le signe de l'aventure et de la passion, pour de vrai. Seul regret, l'histoire s'est écartée du cocon douillet de Spindle Cove... 

J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, février 2014 ♦ traduit par Laurence Murphy

24 juillet 2014

Les demoiselles de Spindle Cove, Tome 1 : Un moment d'abandon, par Tessa Dare

roseromanti

Nous voici en présence d'une lecture absolument irrésistible ! Ce n'est pas que de la romance, mais une histoire enlevée et très drôle, avec un couple charmant, aux dialogues assassins, beaucoup de tension érotique et sensuelle, un cadre idyllique et la sensation exaltante d'une vraie partie de rigolade ! 

L'histoire se passe au sein d'une communauté hors du commun, mais très attachante : Spindle Cove, le refuge pour les âmes esseulées, incomprises et laissées pour compte... bref, le repère des vieilles filles désespérées. En tête de file de cette brigade en jupons, on trouve Susanna Finch. Un caractère volcanique et passionné, une langue bien pendue, une soif d'indépendance, un soin jaloux à préserver son petit cocon douillet, une volonté farouche et un esprit féministe... Nous sommes loin de la jouvencelle en détresse ! 
Le commandant Victor Bramwell en fera vite les frais. 
Blessé au genou, celui-ci doit ronger son frein en acceptant d'entraîner une milice de campagne, tout en rêvant de retourner sur le champ de bataille. Spindle Cove est pour lui le summum de l'ennui, une aberration dans sa conception virile de la société. La gent masculine n'est plus que l'ombre d'elle-même, ce sont les femmes qui mènent la danse. Ou plutôt, mademoiselle Finch met son grain de sel partout. 
Bramwell rugit de frustration. En sa qualité de chef, il entend mener son monde à la baguette. Peine perdue. Il a trouvé une interlocutrice au tempérament aussi affirmé que le sien, la confrontation entre eux deux s'annonce piquante, tumultueuse... et très, TRÈS excitante !

La guerre des sexes est déclarée... et quelle farce ! Je me suis surprise à plonger dans ce roman avec un enthousiasme débordant. L'histoire procure un véritable plaisir, on rit tout du long, les personnages nous entraînent dans un univers folklorique et tendrement exubérant. En somme, Spindle Cove fait l'effet d'un rendez-vous vivifiant, où chaque individu occupe une place importante. C'est un bonheur d'évasion et la promesse d'y retrouver un univers familier livre après livre. 

J'ai été absolument conquise. Dès lors que le couple vedette entre en collision, pour sa première rencontre mémorable, on retient son souffle, un sourire, et on se réjouit des entrevues à venir. Car Bramwell et Susanna vont entreprendre une séduction torride, mais jamais vulgaire. La jeune femme ne tourne pas de l'œil aux moindres allusions salaces, l'homme est une brute bouffie d'orgueil, qui va fondre lamentablement face à cette révolutionnaire de choc et de charme. L'alchimie est immédiate, les joutes verbales sont impayables... et on attend leurs interactions avec fébrilité.

Point de romantisme exacerbé, mais juste la touche nécessaire d'attraction fatale... du charme en pagaille et - ô miracle - de l'humour, de l'esprit, des répliques désopilantes. «... ici, à Spindle Cove, nous goûtons la liberté à coups de petites bouchées sucrées. »

J'ai adoré !

J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, décembre 2013 ♦ traduit par Julie Guinard

9 juin 2014

L'accro du shopping dit oui, de Sophie Kinsella

marriage2

Un épisode 3 incontournable pour ses scènes cultes comme le mariage de Suze, la demande de Luke, la ruse finale, le mariage féérique, le bouquet de fleurs qui parle, la précieuse bonhomie des parents de Becky, les délires de Danny, la naissance de Baby Tarquin, etc. Il faut bien rebondir pour ne pas réaliser que l'histoire n'est plus un étourdissement sans fin de dépenses compulsives ! En fait, Becky est confrontée à un autre dilemme : une double organisation de mariage, deux rêves impossibles à conjuguer. Mais impossible n'est pas Becky !

Le roman s'échinera à raconter comment elle va réussir à slalomer entre les deux, puisque Becky est attirée par les deux perspectives, le glamour, le strass, les paillettes, son rêve de petite fille... mais justement elle ne veut pas non plus décevoir ses parents !! Et en matière de fantasmes à dormir debout, de vérité édulcorée, de petits mensonges pour arrondir les angles, Becky en connaît un rayon. Ce ne sont plus ses dettes qu'elle doit éponger, mais la susceptibilité de ses proches. Mouhahaha.

On a beau soupirer, souffler et pester, on lui pardonne tout ! Becky figure parmi ces héroïnes dont on excuse les frasques, même les plus chichiteuses. C'est comique et carrément exagéré, mais ça permet de détendre l'atmosphère. Car l'histoire met à jour la relation malsaine entre Luke et sa mère, et là c'est le drame, on ne le comprend plus, Luke devient décevant, fuyant, aveugle... pitié, non ! Malgré tout, on s'amuse du début à la fin, cette série est à déguster pour le plaisir, comme une friandise, à mâchouiller en déculpabilisant. De plus, les atermoiements de Becky sont une façon de rappeler l'essentiel de la vie, avec ses valeurs fondamentales (la famille, les amis, etc.). ☺

Pocket ♦ juillet 2010 ♦ traduit par Christine Barbaste pour les éditions Belfond ♦

13 novembre 2013

Amis et rien de plus, par Kristan Higgins

love2

Amis et rien de plus, par Kristan Higgins (Harlequin, coll. Mosaïc, novembre 2013 - traduit par Karine Xaragai)

Chaque roman de Kristan Higgins offre la douce promesse d'un instant mémorable, au sein d'une communauté attachante, d'une histoire adorable et de situations à vous filer des loopings dans le ventre ! Ce nouveau livre ne fait pas exception à la règle : prenez la petite ville d'Eaton Falls, la famille O'Neill, tous pompiers et secouristes de père en fils, une héroïne répondant au prénom de Chastity Virginia (ce n'est pas une blague !), sa quête du grand amour, avec moult péripéties et l'embarras du choix ! Miam.

C'est une promenade joyeuse et exaltante au pays de la gourmandise, car on se régale sur toute la ligne. L'auteur met en scène une héroïne ordinaire, qui trouve que son physique de grande bringue athlétique la pénalise dans ses rencontres amoureuses, on a coutume de la considérer comme l'éternelle bonne copine, alors qu'elle rêve de fonder une famille, purement et simplement. Pour bousculer le destin, Chastity s'est inscrite sur un site internet, se rend à des soirées shopping pour célibataires au supermarché, multiplie les frasques, les farces et autres bourdes. C'est une vraie partie de rigolade !

Se profile peut-être à l'horizon l'idylle parfaite avec un champion de karaté, chirurgien traumatologue de son état, auprès de qui Chastity se sent pousser des ailes. C'est sans compter sur son obsession pour Trevor Meade, le meilleur ami des frères O'Neill, le fils d'adoption, le copain de toujours (et accessoirement son premier grand amour !). Pas facile à oublier ! Chastity papillonne toujours de désir en sa présence, mais se doit de ranger ses fantasmes dans les tréfonds de son âme ... SOUPIR.

J'ai adoré chaque moment de ma lecture, j'ai beaucoup souri, trouvé l'ensemble fabuleusement romantique, drôle, enlevé et délicieusement niais. On se sent merveilleusement à l'aise entre les pages du livre, on a le sentiment de faire partie d'une communauté, on pose ses bagages et on ne veut plus quitter Eaton Falls ! La sensation de petite bulle réconfortante est là, présente, très forte. C'est un déchirement de tourner la dernière page, de s'arracher à ce petit monde, mais on se réjouit déjà du prochain rendez-vous !

22 novembre 2012

Who wants what everyone else has already had ?

IMG_7463

Après un début très drôle, l'histoire n'a malheureusement pas manqué de retomber dans ses pantoufles et ses clichés de romance traditionnelle, sans être réellement affriolante. Circenn a jeté un sort sur sa fiole d'immortalité (qu'il a égarée) sitôt que celle-ci sera en contact avec une main humaine, elle devra lui revenir aussitôt. Nous sommes au XIVe siècle et c'est ainsi que Lisa, depuis notre époque contemporaine, se retrouve propulsée dans le temps. Elle est femme de ménage dans un musée, porte des jeans et des sous-vêtements de jeune femme moderne (il faut le préciser, sait-on jamais), sa vie ressemble à un feuilleton délavé, sa maman se meurt d'un cancer, bref un changement d'air n'est pas de refus !

Toutefois, contrairement au personnage d'Adrienne, Lisa ne s'accommode pas aussi facilement à ce bond dans le temps. Elle veut à tout prix rentrer chez elle. Problème : Circenn ne connaît pas la formule inverse, et puis il se méfie d'elle en pensant qu'elle est une espionne. Comble de tout, il a pactisé avec Adam Black et a juré de tuer la personne qui lui retournerait sa fiole. Notre valeureux Highlander est aux prises d'un terrible dilemme, parce qu'il est tout émoustillé par cette jeune femme débarquée de nulle part, au caractère de cochon, qui se refuse à lui, tout en le regardant avec gourmandise et en rougissant.

La relation entre Lisa et Circenn est donc essentiellement sensuelle avant d'être érotique, le couple se séduit durant de longs chapitres avant de succomber à la tentation. C'est charmant, pas vulgaire non plus, Circenn a une personnalité complexe, un peu dure aussi. Je trouvais d'ailleurs que l'alchimie du couple était plus forte au début, surtout lorsque l'auteur s'appuyait sur le choc des cultures (comme la découverte du soutien-gorge ou du tampon, et aussi le simple fait de porter un jean !).

Cette lecture m'a donc semblé inégale, parfois croustillante, décalée, attachante et drôle, et puis à d'autres moments plus convenue et routinière, ça perd en saveur et c'est inutilement long. Il s'agit du troisième tome de la série des Highlanders, seul Adam Black reste une valeur sûre et intrigante, qui me motive à en découvrir plus !

Les Highlanders, tome 3 : La tentation de l'immortel, par Karen Marie Moning
J'ai Lu, rééd. 2012 - traduction de Lionel Evrard 

22 novembre 2012

In the mood for a good, steamy, old-fashioned bodice-ripping romance ?

IMG_2237 

Caleb Black, un nom qu'il suffit de prononcer pour frissonner de la tête aux pieds. La première fois qu'il se présente à Willow Moran, il lui fait l'effet d'un ange vengeur. Et pourtant elle a besoin de lui, besoin qu'il l'aide à retrouver son frère quelque part dans le Grand Ouest. Inversement, lui aussi va tirer profit de la situation, il recherche activement un dénommé Reno, celui-là même que Willow présente comme son époux (puisqu'il lui faut mentir à son sujet selon ses conseils reçus dans une lettre). Caleb ne dit rien mais il doute, il suffit de la regarder rougir dès qu'il lui pose des questions pressantes pour croire sérieusement à un mariage, selon lui, les deux sont simplement amants. Tant mieux, cela servira davantage ses plans. Caleb s'est juré de séduire cette beauté du Sud, aux manières raffinées, de retrouver Reno et de le buter.

La chevauchée à travers les Rocheuses s'annonce longue, très longue, tendue et périlleuse. A leurs trousses, on compte des hors-la-loi, des Comanches, des bandits qui veulent soit la tête de Caleb, récemment mise à prix, soit les pur-sang que Willow trimballe partout avec elle, et qu'elle considère comme ses gosses. La tension est palpable aussi (tension sexuelle, j'entends bien !) car l'homme et la femme vont se découvrir, s'apprécier et s'attirer. Alors oui, il y a pas mal de sensualité au fil des chapitres, et une leçon de pêche à la truite qui vaut le détour...

La suite est classique, comme souvent dans ce registre de romance historique. Caleb Black est un mâle, un vrai, qui protège les plus faibles et qui n'a qu'une parole lorsqu'il s'engage. Ses sentiments envers la petite Willow sont touchants, ce qui n'était qu'une simple affaire de vengeance personnelle va devenir un casse-tête chinois où les coeurs de nos deux protagonistes louperont presque un battement quand ils découvriront le pot aux roses (mais au moins ça relance l'action et la passion !).
Il s'agit en fait d'une réédition d'un titre paru déjà il y a quinze ans. Je crois même l'avoir lu à l'époque, c'était sympa de le retrouver...

Et je sais que vous attendez LA réplique culte, la voici donc :

 

Les longs cils de Willow s'abaissèrent doucement, ombrant ses joues, tandis que le soleil jouait avec leurs pointes dorées. Caleb la contemplait, fasciné.
- J'ai les yeux fermés, fit remarquer Willow au bout de quelques instants.
- J'ai vu. Où avez-vous déniché des cils de cette longueur, ma belle ?
- Je les ai volés à un veau.   
smileyc127

 

Aventure dans les Rocheuses - Elizabeth Lowell
Traduit de l'américain par Catherine Plasait - J'ai Lu, coll. Aventures & Passions (2010)

22 novembre 2012

“It was going to be so much fun dragging his complacent sexual views out of the ordinary and into the extraordinary.”

Keri ARTHUR : Riley Jenson – Tome 1 – Pleine Lune

Wow ! Ce début de série n'a pas manqué de me surprendre et me séduire ! J'ai très vite accroché au monde de Riley Jenson, mi-louve, mi-vampire, dont le frère jumeau a mystérieusement disparu, et qui en plus se lance dans une enquête concernant des clones de créatures inhumaines en compagnie d'un vampire très sexy, croisé pour la première fois sur le pas de sa porte, totalement nu et enduit de boue. Graou ! Riley en a les sens retournés, on la comprend.

De plus, c'est la semaine lunaire, donc la période durant laquelle les loups sont obsédés par le sexe et se reproduisent à perdre la raison. Riley elle-même est incapable de dompter ses besoins, elle s'en donne à coeur joie avec ses deux compagnons attitrés, mais elle serait bien tentée par une partie de jambes en l'air avec ce vampire, Quinn O'Connor. Il a plus de mille ans, il est séduisant et redoutable mais ne souffre plus les loups depuis une récente déception amoureuse. Las, Riley a juré de le goûter. Rien qu'une fois, lui promet-il.

Et c'est parti pour 400 pages intensément sexuelles, décadentes, sulfureuses, sensuelles et j'en passe. Contrairement à beaucoup d'avis, je n'ai pas été choquée par cette frénésie de sexe. J'ai trouvé que cela collait bien avec le personnage, Riley est une jeune femme qui assume sa liberté de corps et d'esprit (elle est farouchement opposée à rejoindre les rangs de gardiens pour le Directoire, où elle est actuellement simple officier de liaison). Sa fièvre lunaire est une caractéristique osée, si l'on part du principe qu'il s'agit ici d'une mise en bouche, premier tome oblige, mais personnellement je trouve que cela souligne bien la personnalité peu farouche de notre héroïne. Non vraiment, je n'ai été ni dérangée ni choquée.

Côté intrigue, je n'ai pas été lésée non plus puisque l'action est dense, riche, rebondissante. Le livre se termine même sans proprement révéler le fond du problème. L'enquête n'est donc pas bouclée, beaucoup de questions demeurent en suspens et évidemment on se mord la lèvre d'en rester là car on en veut plus ! Et puis, retrouver Quinn est aussi une bonne excuse pour poursuivre ma plongée dans cette série, laquelle se passe en Australie, un détail qui change un peu, non ? Ok, j'avoue que cela n'est pas franchement exploité non plus, mais Quinn, bon sang... Quinn ! ! ! *-*

 

Pleine Lune (Riley Jenson #1) - Keri Arthur
Milady (4 décembre 2009)

10 janvier 2014

Week-end à Portmeirion

theartofromance

Week-end à Portmeirion, de Nicola Upson (10-18, collection Grands détectives, novembre 2013 - traduit par Pascale Haas)

Il a suffi d'un simple coup d'œil à la couverture, puis de découvrir qu'un certain Hitchcock se baladait au cœur de l'histoire, pour faire de moi l'esclave de cette lecture ! J'ai tout lâché pour m'y plonger. Miam, quel régal ! L'histoire commence en 1954, mais concerne un événement survenu durant l'été 1936. Joséphine Tey fête ses 40 ans avec son ami le commissaire Archie Grant, à Portmeirion, dans un complexe hôtelier luxueux situé au bord de la mer.

Elle a également été invitée à rencontrer le couple Hitchcock pour céder les droits de son dernier livre, en vu d'une adaptation cinématographique. Il règne une chaleur caniculaire, l'ambiance se veut languide et oppressante, les comédiens vont et viennent, le réalisateur anglais mijote quelques blagues d'un goût douteux... On passe ainsi plus de 200 pages sans soupçonner l'ombre d'un crime, c'est calme, très bavard et tout bonnement raffiné.

J'ai immensément apprécié ce cadre magnifique, où règne une atmosphère fascinante et guindée. On y trouve un petit monde clos, pétri de jalousie, de rancœur et de haine, qui ne masque pas son amertume vis-à-vis de l'industrie cinématographique. On spécule aussi sur le prochain départ de Hitchcock pour Hollywood, on dresse un portrait de l'homme sans effet de manche, c'est un génie au caractère exécrable, qui manifeste amour et admiration pour Alma Reville, sa remarquable épouse.

L'intrigue policière, finalement, n'est qu'une goutte d'eau dans un vaste océan. Elle est, certes, plus présente dans la deuxième moitié du roman, mais il m'est apparu que ce n'était pas ce qui m'importait le plus. J'ai aimé l'ensemble du livre, avec ses personnages et la façon de les introduire, de raconter leurs tourments personnels, de laisser deviner leurs émois ou leurs états d'âme. C'est un livre qu'on découvre par envie, ou par curiosité, et qui dévoile un grand aspect psychologique dans sa trame romanesque. Mais c'est très chic, absolument divin !

29 octobre 2013

Un lieu incertain, par Fred Vargas

automne2

Un lieu incertain, par Fred Vargas (Audiolib, février 2013, lu par Thierry Janssen / J'ai Lu, septembre 2010)

Encore un fidèle rendez-vous avec le commissaire Adamsberg, dans une enquête criminelle nous baladant entre Londres, Paris et un petit village en Serbie ... Quelle atmosphère particulièrement excitante (mais glauque aussi) ! On croise des cadavres découpés en petits morceaux, des pieds chaussés abandonnés près d'un cimetière, des mythes vampiriques, des vieilles histoires de famille ... Et on assiste aussi à des retours en fanfare de cadavres planqués dans les placards ! Je dis ça, je ne dis rien. Disons que, tout de même, on tombe sur les fesses en apprenant que les anges déchus existent. Ou qu'ils sont tombés directement de l'Enfer.

Adamsberg, dans ce roman, est dépassé par les évènements. Il en voit de toutes les couleurs, de la trahison à la mélancolie, en passant par l'impuissance et le doute. C'est un spectacle assez déprimant, ou plutôt pathétique. Notre homme mériterait parfois qu'on le secoue vertement, car son petit manège nous épuise ! Il est lent, apathique, déboussolé, déconfit. Bouh, quel triste sire ! A côté de ça, l'histoire oscille entre le désenchantement, certes, mais surtout l'angoisse et le suspense. Tant mieux, ça tient en haleine. J'ai d'ailleurs pas mal mordu à l'hameçon, saisissant toutes les perches tendues, avec la conviction intime que je me faisais bêtement berner, mais c'est de bonne guerre.

C'est la quatrième fois, il me semble, que Thierry Janssen accompagne les romans de Fred Vargas en version audio. Franchement, ne changez rien ! C'est la voix parfaite, l'interprétation idéale pour situer et cerner des personnages et lieux aussi flippants que ceux dont l'auteur a le talent de nous concocter. Pour moi, ce rendez-vous a donc été une totale et pleine réussite.

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>
“Those who don't believe in magic will never find it.” (Roald Dahl)
Publicité
Publicité
Archives
Newsletter
Publicité