Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
“Those who don't believe in magic will never find it.” (Roald Dahl)
Publicité
31 juillet 2015

Ça peut pas rater, de Gilles Legardinier

Humiliée par son petit copain, qui la largue après dix ans de vie commune, Marie décrète qu'elle en a assez des hommes et entend se passer d'eux... Mais voilà qu'elle reçoit la lettre d'un admirateur secret, qui la rend toute guillerette ! Qui, parmi son entourage, se languit d'elle en soupirant ? À peine le temps de dresser une liste de potentiels qu'elle s'embarque dans de folles péripéties !

D'abord, sauver la boîte où elle travaille, contre le plan de redressement préparé en douce par le patron. Puis, rendre la pareille à son ex goujat, qui exhibe sa nouvelle conquête sous son nez, et préparer avec gourmandise le sabotage de sa soirée déguisée. (Quel grand moment !) Jouer l'entremetteuse pour sa meilleure amie, et échafauder des ruses pour démasquer sa groupie de l'ombre, au risque de se ridiculiser.

Jackpot gagnant avec cette lecture enjouée et délirante, qui parvient à alterner les séquences cocasses, sensibles et vraies sans jamais dramatiser, et en assumant pleinement son goût pour la dérision ! J'adore. C'est très, très drôle, avec un portrait de femme, blessée et malheureuse, mais à l'énergie débordante. On ne peut que s'attacher à Marie, à travers laquelle on se reconnaît insidieusement dans son désir de repli de la scène amoureuse, sa profonde amertume et sa confiance bafouée.

Le roman fait aussi montre d'une certaine lucidité concernant la vie de couple, pas toujours parfaite, et de l'antagonisme entre les hommes et les femmes, même si cela reste la plus vieille valse du monde ! On peste, on râle mais on y revient sans cesse. G. Legardinier conforte l'idée que toute prescription littéraire devrait être obligatoire contre le blues !

 Fleuve Noir, 2014

legally blonde

 

Publicité
9 juin 2014

Destiny, Tome 3 : La cascade aux murmures, par Toni Blake

romance

Je prolonge mon séjour à Destiny, pour y faire la rencontre de Lucky Romo, le petit frère de notre flic préféré (Mike, vu dans À l'ombre des pommiers), de retour au bercail après 16 ans d'absence ! Whoo, un retour qui s'annonce rock-n-roll, tant le jeune homme traîne un passé auréolé de mystères et d'interdits ! Certes, le type est grand, baraqué, tatoué, portant les cheveux longs et conduisant une grosse moto. Et il vient d'emménager à côté de la petite maison de Tessa.

Tessa, voyons... Jeune femme douce, attentionnée, mais fragile. Atteinte d'une maladie chronique (Crohn), elle est souvent affaiblie par des crises qui la clouent dans son fauteuil, lui faisant broyer du noir. Aussi, a-t-elle décidé d'en finir avec cette sensation de susciter la compassion des gens, elle veut vivre, s'éclater, en profiter... et pourquoi pas s'offrir une aventure sans lendemain dans les bras d'un homme sexy en diable ? Son voisin, par exemple.

C'est le monde à l'envers, cette fois c'est la jeune femme qui cherche à briser la retenue d'un type décidé à se racheter une conduite et ne plus céder aux sirènes d'une vie dissolue, aussi redouble-t-elle d'efforts pour lui faire tourner la tête, quitte à jouer les prétendues filles à motards, avec tenue affriolante du plus mauvais goût, ou séance de bronzage en bikini dans le jardin, sous le nez du voisin. On n'y croit pas-du-tout-! Toutes ces scènes cocasses, et pour certaines clairement inspirées de Sons of Anarchy, permettent l'éclosion d'une relation tendre et touchante, mais beaucoup moins excitante que celle de Mike et Rachel. 

Cela reste une série géniale, très divertissante, avec des personnages tous attachants. D'autres livres sont disponibles, mais seulement en VO, l'éditeur français ayant estimé que ça ne valait pas la peine d'en découvrir plus sur Sue Ann, Logan, Amy, Adam, Duke et Anna... Encore la preuve du manque de considération pour le lecteur... Dommage !

J'ai Lu, coll. Promesses, septembre 2013 - traduit par Véronique Fourneaux

11 juin 2014

Afterburn / Aftershock, de Sylvia Day

lovelywhite

Cœur brisé, moral en vrac, deux ans plus tôt, Gianna Rossi était à ramasser à la petite cuillère. Elle s'est donc lancée dans le boulot pour oublier Jackson Rutledge. Celui-ci, beau, riche, séduisant, sûr de son charme, est de retour en ville, ravivant les souvenirs et le désir de la jeune femme. Mais Gianna a appris de ses erreurs, elle assume son attirance et son pouvoir de séduction, prend le risque de retomber dans le piège d'une relation explosive, mais intense, à certaines conditions.

Et quelle histoire torride ! Durant toute la première partie (Afterburn), Gianna et Jax se livre à une guerre des nerfs particulièrement excitante et pimentée. La suite (Aftershock) est coulée dans le même moule, mais laisse une impression de trop-plein (d'émotions et d'énergie) qui épuise et frustre le lecteur. C'est bien, mais tout va trop vite ! Et puis le couple se déchire, se réconcilie, et ainsi de suite, le schéma est répétitif, on ne prend plus la mesure des véritables sentiments, leur évolution est brutale et empressée. C'est un poil dommage.

Par contre, j'ai absolument adoré la famille de Gianna, les Rossi forment une unité soudée, très complice, je ne serais pas contre une série avec les frangins ! J'ai ainsi pris beaucoup de plaisir à découvrir cette romance, qui se veut légère, glamour et sexy en quelques pages. Une lecture sans prétention, qui nous fait ressentir de folles sensations.

Harlequin, coll. Mosaïc ♦ juin 2014 ♦ traduit par Alba Neri

21 février 2014

Inventaire après rupture, de Daniel Handler

runningaway

Min et Ed viennent de rompre, après une relation brève mais intense. Ils n'avaient absolument rien en commun, elle est plutôt quelconque et adore les vieux films, lui est basketteur, fêtard et coureur de jupons. C'était écrit d'avance, mais pourtant ces deux-là ont vécu une jolie histoire, sincère et touchante.

L'auteur a réussi un véritable tour de force, en nous embarquant dans cette histoire dont on connaît déjà la fin, sauf la raison de la rupture. Et on revit ainsi toute la romance via l'inventaire de babioles qu'avait conservées la jeune fille, dans une grosse boîte qu'elle compte désormais déposer sur le pas de la porte de son ex. Tous ces objets ont symbolisé leur histoire : la rencontre, leur première sortie, les petits délires à deux, autant de promesses d'instants précieux.

Et on s'attache, bon sang, on s'attache à cette histoire vouée à l'échec, on a envie d'y croire, malgré les petits détails qui n'échappent pas au regard de lynx. L'identification est d'autant plus forte, plus troublante. On se glisse dans la peau de Min et on se sent tout comme elle : en vrac, le coeur brisé et amer. On a eu aussi le goût d'y croire, de rêver - la chute n'en est que plus rude. J'ai beaucoup aimé cette histoire, j'ai été très sensible au discours de la jeune fille, à sa détresse et à ses désillusions. C'est poignant, mais pas du tout déprimant.

J'ai également savouré l'écriture et la traduction, tout de suite j'ai accroché au style vif, poétique et exaltant de la lettre de Min pour Ed. La jeune fille est meurtrie, ça se sent, elle livre aussi tous les beaux souvenirs de leur histoire à deux, son sentiment de trahison etc. Jamais elle ne décharge sa bile haineuse contre lui, elle se montre simplement sincère et c'est mille fois plus convaincant. Le livre lui-même est un appel à la tentation : une belle petite brique rose, truffée  d'illustrations de Maira Kalman au charme vintage, et une jolie couverture. J'ai totalement succombé !

Nathan, août 2012 - traduit par Rose-Marie Vassallo

29 octobre 2013

L'armée furieuse, par Fred Vargas

automne3

L'armée furieuse, par Fred Vargas (Audiolib, mai 2011 - lu par Thierry Janssen / J'ai Lu, juin 2013)

C'est mon dernier rendez-vous en date avec Adamsberg, après il me faudra piocher dans les épisodes antérieurs pour retrouver sa fine équipe de bras cassés ! Mais ceci est une autre histoire... Quoi de neuf pour le moment ? Toute la brigade est à cran, depuis le meurtre d'un puissant industriel, brûlé vif dans sa voiture. Le crime porte la marque d'un célèbre incendiaire, que notre commissaire va interpeller et mettre aux arrêts dans ses bureaux, mais suite à un cafouillage monstre, le suspect va se volatiliser !

Et comment réagit notre cher Adamsberg ? En confiant le dossier à son fidèle lieutenant, la déesse Retancourt. De son côté, il part en Normandie où sévit une histoire de fantômes, une vieille légende de soldats vengeurs, qui chevauchent la nuit et zigouillent à tour de bras les ignobles, les traîtres, les impies. Adamsberg est médusé, mais ne baisse pas les bras. De manière générale, on pourrait même dire que notre commissaire a été irradié par des ondes dorées, de celles qui rappellent les lignes subtiles et délicieuses du kouglof au miel !

Ah, ce brave commissaire, jamais avare d'obsessions hors du commun ! C'est comme cette histoire de sucre, “un assaut de sucres en toutes situations”, comme s'il se retrouvait “encerclé par un assaillant multiple, dont les sucres auraient fait des pierres de jet et des murailles”. Bizarre, vous trouvez ? Mais c'est tout à fait ça ! Et encore, je ne vous ai pas tout raconté ! C'est ce qui me plaît dans les romans de Fred Vargas, on y plonge, on s'y perd, on a l'impression d'être hors du temps.

Par contre, pour une fois, j'avais deviné l'issue et compris tous les fils de l'intrigue. L'auteur n'a pas été assez rusée, ou disons qu'elle a peut-être préféré peaufiner son cadre et son atmosphère, au risque de fragiliser son suspense. Finalement, cette histoire au cœur du bocage normand possède le charme, la tendresse et la rudesse des contes racontés au coin du feu, le soir, auprès d'un public envoûté et crédule. Forcément, c'était drôlement bien !

Publicité
13 mars 2013

♠ Libertinage fatal ♠

libertinage

Un lundi matin, en se rendant au boulot, Lily Bard découvre une voiture rouge dans les bois, avec à l'intérieur le cadavre de Deedra Dean. Allons donc, c'est reparti pour un tour. Lily contacte la police, tente d'éventer leurs soupçons, s'interroge sur cette mort brutale. Elle ne connaissait pas particulièrement la victime, mais faisait des ménages chez elle et savait, un peu comme tout le monde, que Deedra avait des mœurs légères. Tout de suite, il est établi que le crime serait d'ordre sexuel.

Quelques jours plus tard, Lily sauve in extremis un vieil homme piégé dans sa maison, alors qu'on venait d'y mettre le feu. La jeune femme étant somnambule, elle a coutume de déambuler dans les rues et de prévenir la police au moindre agissement suspect. Cette fois, elle se trouve davantage impliquée, passée sur le grill. Mais plus personnellement, cela réveille des souvenirs de sa propre agression. De plus, Lily s'inquiète car son business de femme de ménage est en train d'en prendre un coup dans l'aile. Depuis trois livres déjà, elle ne cesse de perdre des clients !

Quid du mystérieux et irrésistible Jack Leeds ? Il est hélas très peu présent dans cet épisode, coincé entre Little Rock et la Californie. Le couple se téléphone, mais le manque est là. Lily commet d'ailleurs un petit impair, avec Bobo Winthrop, c'est bête. Par contre, dès lors que Jack fait son apparition, on ne joue plus dans la même cour et on comprend qu'un grand pas va être franchi d'ici peu. Chic !

J'aime vraiment beaucoup cette série, qui se termine avec le 5ème livre ( Shakespeare's counselor). L'ambiance à Shakespeare n'est pas chaleureuse ni guillerette, c'est tout le contraire, mais quelque part on s'y attache, et comme on connaît de plus en plus les personnages, chaque coup dur ne nous paraît plus si anodin. Ce sont peut-être des bouts de vie sordides, parsemés à travers la lecture, mais heureusement on y trouve aussi un peu d'humour, de bonne humeur et de l'amour vrai, sincère, authentique.

Lily Bard, tome 4 : Libertinage fatal, par Charlaine Harris
J'ai Lu, 2013 - traduit par Tiphaine Scheuer

15 mars 2013

"The same wind that blows us off course can turn and carry us home."

Sans limites

Tout commence par un rapport de force entre Nora Sutherlin, un célèbre auteur de romans érotiques, et son éditeur, Zach Easton, fraîchement débarqué de Londres. Elle souhaite publier un livre différent de ses écrits habituels et a sollicité l'aide d'une prestigieuse maison new-yorkaise. Zach est farouchement opposé à ce projet que lui impose son supérieur et compte mener à la baguette la jeune femme en lui faisant bien sentir que c'est un écrivain du ruisseau, qui n'écrit que des histoires de caniveau. Pas très sympa, donc. Ceci dit, Nora est une jeune femme rebelle, sarcastique et plus encore.

Elle a connu une liaison d'une dizaine d'années avec Soren, avec lequel elle a partagé les tourments de la soumission avant de s'enfuir. Elle s'est alors lancée dans une carrière secrète, celle de devenir la plus grande Dominatrice d'une boîte privée. Autant dire qu'elle n'est pas effarouchée à l'idée d'être bousculée par Zach, au contraire elle y trouve du plaisir et c'est pour elle un véritable stimulant. Elle cherche aussi le déstabiliser, à flirter avec et à le pousser dans ses retranchements, mais Zach est un homme secret et aigri. Il sort d'une rupture amoureuse qui porte encore des traces, le fantôme de son ex est partout présent dans ses pensées, au risque de le rendre fou.

Laissez-moi aussi vous présenter Wesley, un jeune Apollon qui vit sous le toit de Nora et officie en tant qu'assistant personnel. Or, c'est un intouchable. Ses convictions religieuses sont profondes, le garçon est vierge, fou amoureux de Nora, elle-même n'est pas insensible à son charme, et pourtant ces deux-là ne cèdent jamais à leurs pulsions. Là aussi, l'histoire est intéressante à suivre.

Car c'est tout l'intérêt de ce livre, multiple et moins racoleur que ses confrères. Sans Limites vous raconte une histoire d'amours désabusées, d'amitié, de confiance et de découvertes de ses désirs les plus sombres, les plus inavouables. C'est un livre qui m'a finalement grandement surprise, car l'histoire est teintée d'une certaine amertume. Tour à tour, elle est capable de se révéler complexe et fascinante, avec des passages déstabilisants sur la violence que s'inflige l'héroïne. On ressent vivement son désespoir, son impuissance, sa fragilité aussi. Par contre l'écriture est belle, sensuelle et ôte ainsi les soupçons de dégoût qu'une telle histoire pourrait inspirer. A tenter, pour l'impression de lire autre chose qu'une simple fiction érotique.

Sans limites, par Tiffany Reisz
Harlequin, coll. Mosaïc, 2013 - traduit par Alba Neri 

   = sirène = 

27 novembre 2012

"You wanted me to be vampirish."

IMG_8284

Je m'attendais à une déception, et finalement j'ai été agréablement surprise ! Certes, la lecture n'est pas dénuée de clichés et lourdeurs mais elle a surtout pris le parti d'en rire et de distraire la lectrice que je suis. Ainsi m'est apparue l'histoire d'Abby et de Dante. Elle est la dame de compagnie d'une femme mystérieuse, Selena, auprès de qui vit aussi Dante, un type d'une beauté renversante. Pour bien faire, il est follement arrogant, sûr de son charme et titille affectueusement la jolie blonde qui prétend être insensible à ses tentatives de drague.

Et puis, c'est le chaos : Selena est assassinée sous leurs yeux, Abby est touchée et devient désormais le nouveau Calice du Phénix. Ouiiii... un truc de dingue, et c'est Dante en personne qui est chargé de sa protection, lui, le vampire ténébreux. Commence donc une folle course-poursuite pour échapper à tous les démons et autres zombies qui veulent mettre la main sur le Calice, afin de libérer leur Prince des Ténèbres, mais la blondinette a choisi de s'en remettre aux sorcières, les responsables de ce gardiennage improvisé, afin de se débarrasser du fardeau.

Dans la foulée, Abby et Dante ont fini de se chamailler et ont succombé à leur passion avec une déconcertante soudaineté (et je le regrette, car j'aimais leurs petits jeux de séduction). Mais l'univers des Gardiens de l'Eternité est bien planté, ce n'est peut-être pas la nouveauté du siècle, ça n'en demeure pas moins intéressant et distrayant. J'ai aussi beaucoup apprécié l'humour qui scintille entre les deux personnages, les répliques font mouche et c'est souvent jubilatoire. N'ignorant pas les petits défauts de débutant, j'imagine qu'ils seront probablement corrigés par la suite. Pour l'heure je souscris un abonnement pour une période indéterminée parmi ces Gardiens auprès desquels je glousse comme une dinde.

Les Gardiens de l'Eternité, tome 1 : Dante, par Alexandra Ivy
Milady, 2011 - traduit par Elisabeth Luc

22 novembre 2012

You can tell a lot by the size of a man's library.

IMG_4730

C'est reparti pour un tour. Merit, promue Sentinelle de la Maison Cadogan, doit se résigner à emménager sous le toit d'Ethan Sullivan, celui qu'elle aimerait éviter le plus possible tant elle se sent paradoxalement attirée par lui, tout en le détestant. Cela semblerait réciproque, du moins jusqu'à ce qu'on réalise que ce deuxième tome nous livre une promesse de relation plus attachante et plus tendre. 

Oui, oui, c'est le monde à l'envers. Nous avions découvert un couple explosif, il semblerait que l'auteur ait choisi de retourner sa casaque pour peaufiner l'approche balbutiante entre Merit et Ethan. Les deux se cherchent, se butinent, mais il y a toujours un grain de sable dans l'histoire pour gripper la mécanique. Cette fois, Merit est agacée de sa nouvelle mission confiée par son Lord Master, à savoir : renouer avec les siens. Se glisser dans des robes de soie et enfiler des escarpins, courir les soirées huppées, se fondre de reconnaissance, afficher sa bonne fortune et asseoir son désir de conquête. Dans quel but ? 

Les manigances politiques d'Ethan sont sans limites, et son exploitation des compétences de sa Sentinelle est plus qu'usitée. Ceci n'apaise guère les tensions persistantes au sein du couple, d'autant plus que Merit doit dompter la vampire qui sommeille en elle, entretenir un semblant de relation avec Morgan - mordra, mordra pas ? - et éviter qu'elle se fâche à long terme avec Mallory. Cerise sur le gâteau : Célina la diabolique est de retour à Chicago ! Les vampires sont sur les dents. Hin, hin ! 

En somme, j'ai trouvé ce deuxième tome très bon, entraînant et très instructif. Chloe Neill élargit sa toile et enrichit son univers, c'est franchement excitant. Je ne vais pas me mentir, mais ce qui compte par-dessus tout, c'est ce qui se trame entre Merit et Ethan. Alors là, grosse frustration tout de même... ou disons que cela se dessine doucement, mais sûrement. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Ahem. Bon, heureusement, il y a quelques bonnes scènes délicieusement sexy - c'est déjà ça - sauf que j'en voudrais plus ! 
Prochain tome : Twice bitten.

Friday Night Bites (Chicagoland Vampires #2) - Chloe Neill
Published October 2009 by NAL Trade
Traduit et publié chez Milady, 2011 sous le titre : Petites morsures entre amis. 

22 novembre 2012

“Let’s just remember, Sullivan, that I want you for your smoked meats and your smoked meats only.”

IMG_6575

Ce troisième tome se consacre au coeur du problème : la relation tumultueuse entre Merit et Ethan. Ces deux-là se tournent autour depuis le début, ils s'attirent et se repoussent, vont-ils enfin passer à l'action ? 
Oui. 
Amen. 
Sauf que la messe n'est pas dite, et de nouveau la passion tourmentée de notre couple vedette va revenir sur le devant de la scène. Comme c'est frustrant ! 
D'un autre côté, c'est ce qui alimente la série, et ici, pas de doute possible, l'intensité sexuelle est à son apogée. Merit est une héroïne admirable, elle aura besoin de toute sa force pour affronter ce que Sullivan va lui infliger. Ethan est odieux, oui, mais il est sexy et irrésistible dans son genre. Ce vampire est toxique, que voulez-vous, c'est ce que les filles veulent. 
Il serait, toutefois, difficile de résister à ses déclarations. Lorsqu'il abat ses cartes et annonce enfin qu'il est totalement démuni face à sa Sentinelle, ou lorsqu'il reconnaît qu'il a besoin d'elle plus qu'il n'en a jamais eu conscience dans sa longue existence, la lectrice pousse de grooos soupirs extatiques. 
Avec toutes ses hormones en ébullition, on en oublierait presque qu'une intrigue politique se dresse à côté. Les métamorphes se réunissent à Chicago pour décider s'ils veulent affronter le climat haineux de la population ou s'ils préfèrent rentrer chez eux à l'abri, en laissant tomber les vampires, leurs pires ennemis. Fait exceptionnel, l'Alpha Gabriel a sollicité l'aide de Sullivan et de Merit pour sa protection. Un contrat sur sa tête a été ordonné. Cela sent le grabuge et la trahison. Nos représentants de Cadogan ont de sérieux soucis à se faire. 
Et justement, la problématique politique frappera de plein fouet leur relation si compliquée... 
Ce tome 3 signe pour moi mon addiction totale et incompressible envers cette série. La lecture a juste été parfaite, j'en veux encore.

Twice Bitten (Chicagoland Vampires #3) - Chloe Neill
Published October 2010 by Gollancz 

- disponible en VF chez Milady : chloeneill3 

22 novembre 2012

"People talk about nature as a mother, but to me she's always been Medea, ready and willing to slaughter her children."

IMG_4387

Premier tome d'une série qui s'annonce originale, riche, instructive et ... addictive ! 
Joanne est au volant de sa voiture et fuit la Floride pour retrouver Lewis. Qui est Lewis ? (Un ancien copain de formation.) Pourquoi se sauve-t-elle ? (Elle serait suspectée de meurtre.) Cela démarre sur les chapeaux de roue ! Toutefois, ne vous emballez pas, car l'histoire se dessine progressivement, par flashbacks essentiellement. Et c'est donc petit à petit que l'intrigue prend forme, de quoi chatouiller ma curiosité, mais c'est un procédé efficace car je ne suis pas mécontente de ce qui se dévoile. 
L'univers de Rachel Caine est nouveau - il est question de gardiens des éléments (eau, ciel, terre, feu), d'hommes et de femmes chargés de contrôler les caprices de Mère Nature, qui chercherait à anéantir l'humanité. Joanne fait donc partie de cette organisation, elle possède de sacrés pouvoirs, ce qui finalement ne lui attire que des ennuis ! 
Je ne vous résume pas son histoire, après tout c'est encore mieux de la découvrir par soi-même. Quoi qu'il en soit, c'est prenant et perpétuellement alimenté en nouvelles indications qui donnent l'impression que le rythme est trépidant. Joanne est une héroïne avec laquelle il est impossible de s'ennuyer - elle jure, elle peste, elle rage, elle s'emporte, elle est facilement incontrôlable, elle n'est pas idiote, elle panique à juste titre, elle se pâme aussi pour les beaux garçons et elle aime les voitures de course... 
En chemin, elle rencontre un auto-stoppeur aussi. Soupirs. 
C'est juste un peu sexy sans être vulgaire, et c'est très bien. La fin aussi est pertinente, elle annonce un deuxième tome qui s'engage sur un sujet déjà aperçu entre ces pages, et qui promet d'être captivant. Globalement, c'est vraiment différent des autres lectures "fantastiques" du moment (et, à mon goût, meilleur que la série des Morganville Vampires de la même Rachel Caine).

La Maîtresse du Vent (Les gardiens des éléments #1) - Rachel Caine
Editions Eclipse, 2010 - 347 pages.
traduit de l'américain par Marianne Audouard

22 novembre 2012

“To say that men can be bullheaded would be insulting to the bull.”

IMG_5228

Simon Basset fête son retour à Londres en s'affichant aux petites sauteries organisées par la bonne société où toutes les mères mettent en pâture leur progéniture et se pressent autour des prétendants (dans l'espoir d'un bon mariage, cela va sans dire). Et c'est dans des circonstances plutôt mouvementées qu'il rencontre Daphné Bridgerton (en train de coller son poing en pleine face d'un admirateur trop insistant). Les deux se plaisent mais réalisent avec horreur qu'ils se connaissent (en fait, Simon est le meilleur ami d'Anthony, le frère aîné de Daphné) et donc toute idée de marivaudage leur est strictement interdite. Cela dit, face à la pression sociale, le couple met au point un plan tiré par les cheveux, selon lequel ils ne se quittent plus d'une semelle, font semblant d'être entichés l'un de l'autre avant de s'offrir une rupture nette et officielle qui ouvrira ainsi la porte à d'autres admirateurs pour Daphné et la liberté pour le jeune duc (celui-ci refuse absolument de se marier). Daphné et Simon entretiennent l'illusion à merveille, tant et si bien qu'ils finissent par tomber dans le piège tendu par Cupidon. Quelle terrible erreur ! 

Rien à ajouter sur cette première partie qui donne le sourire jusqu'aux oreilles ! Le couple est sensationnel. Contrairement à la plupart des héroïnes de romance, Daphné Bridgerton n'est pas une cruche qui minaude en jouant l'oie blanche (sauf exception, lors de son entretien avec sa mère où il est question de l'intimité conjugale... huhu). Simon est un homme séduisant et très attirant, mais son arrogance masque une blessure profonde. L'auteur a probablement voulu draper le héros d'un voile de mystère, en vérité cela s'est avéré chiant et redondant, heureusement que ça devient plus marrant dans la toute dernière partie, la plus croustillante. 

Parce qu'il faut bien admettre aussi que la tension sexuelle n'est pas flagrante pendant les 3/4 du roman, à la place cela ressemble plus à du badinage amoureux, entretenu avec esprit et facétie (même si l'attirance entre Simon et Daphné est bel et bien réelle). Et c'est donc en bout de course que ça s'éclate enfin et à fond ! Les relations du couple sont explosives, avec une soirée d'ivresse... ma foi... la lectrice jugera par elle-même. Ce premier tome de la saga est donc bon, il remplit avec brio toutes les exigences du cahier des charges, même si Simon marmonne trop dans sa barbe, au lieu d'envoyer au diable le passé. Ce tome sert également à présenter la fameuse tribu des Bridgerton, non mais quelle troupe tumultueuse ! J'ai souvent trouvé leurs manières pénibles et envahissantes, j'espère que ça va se tasser par la suite. En attendant, tout ceci se déguste en gloussant sans retenue, avec mention spéciale aux petites notes de la très mystérieuse lady Whistledown (j'ai une petite idée sur son identité, il faut que je vérifie ça...).

The Duke and I (Bridgerton #1) - Julia Quinn
Published January 2000 by Avon 
disponible en VF sous le titre Daphné et le duc (J'ai Lu, coll. Aventures & Passion) 

17 juillet 2013

☼☼ “Oh God, my stomach must have won a medal- it's doing a lap of honour now.” ☼☼

hanging-wedding-decorations-flowers-5a

Rien ne va plus dans la vie de Scarlett : son fiancé et son père lui font comprendre qu'elle ne doit plus se nourrir de comédies romantiques, mais affronter la triste réalité de la vie quotidienne en ayant les deux pieds sur terre. Cette condamnation révolte la jeune femme, et pourtant elle les prend au mot et s'envole pour Londres où elle va pouvoir passer un mois dans le quartier de Notting Hill.

A peine est-elle arrivée qu'elle s'imagine déjà dans le film avec Hugh Grant et s'offre la scène mythique de la librairie, où elle fait la rencontre de Sean, son nouveau voisin. C'est un type guindé et particulièrement acerbe, malgré tout elle va être amenée à le fréquenter plus que de raison (quitte à se rendre avec lui à un mariage en Ecosse, ou à Paris !...), car Scarlett va aussi partir à la recherche de sa mère, Rosie, qui aurait quitté le foyer familial peu de temps après sa naissance, sans donner de nouvelles.

On comprend alors que cette blessure profonde a aussi façonné notre héroïne, qui trouvera en Sean un soutien formidable. Elle aura beau lui trouver des défauts énervants, elle se rendra compte qu'il lui offre aussi de beaux moments de cinéma, en toute inconscience, et c'est ce qui est encore plus remarquable. On lit ce roman vite et bien, c'est une petite parenthèse enchantée, scintillante de romantisme, truffée de clins d'œil à tous nos films de filles qu'on aime tant. C'est très sympa, complètement invraisemblable mais c'est super distrayant.

Notting Hill with Love... Actually, par Ali McNamara
Milady romance, coll. Central Park, 2013 - traduit par Cédric Degottex

29 octobre 2013

Crains le pire, par Linwood Barclay

automne4

Crains le pire, par Linwood Barclay (Audiolib, février 2012 - lu par Philippe Sollier /Traduit par Marieke Merand-Surtel, pour les éditions Belfond, 2011. Existe en format poche, chez J'ai Lu.)

C'est l'histoire d'un type, Tim Blake, vendeur de bagnoles, récemment divorcé et père d'une fille de 17 ans, Sydney. Alors que celle-ci est sous sa responsabilité, durant les vacances d'été, période au cours de laquelle elle effectue un job de réceptionniste dans un hôtel, un matin, après un petit-déjeuner houleux, elle claque la porte de l'appartement et ne rentre pas le soir.

Une fugue ? Un enlèvement ? Pire, un meurtre ? Tim Blake est mis k-o. Aussitôt il mobilise toute son énergie pour avoir des réponses, obtenir des indices, secouer la police, interroger les amis de sa fille, écouter la musique de son iPod, créer un site internet pour toucher un plus large public, répondre à des coups de fil, se rendre dans une ville à l'autre bout du pays, espérer, y croire toujours et encore.

La mécanique de l'histoire est en fait parfaitement huilée, puisque l'auteur boucle chacun de ses chapitres sur de nouvelles révélations. A force de s'y attendre, on pourrait croire qu'on n'est plus surpris, qu'on finit par être blasé. Mais c'est tout le contraire, car on se laisse facilement prendre au jeu et on se demande justement sur quelles nouvelles pistes l'auteur va nous lancer. C'est très facile, vous dis-je, les ficelles, les retournements de situation, les enjeux, les personnages... C'est de la bonne cuisine à l'ancienne, en gros, mais c'est super efficace.

On dévore cette lecture et on ne s'en sépare que lorsqu'on connaît le fin mot de l'histoire ! Ce n'est pas très subtil, l'ambiance est simple (on est loin des polars nordiques qui ont toute ma préférence) mais ça reste un vrai bon thriller qui colle aux doigts (ou aux oreilles). De temps en temps, ça ne fait pas de mal. A la technique, Philippe Sollier assure le job et m'a embarquée dans cette intrigue assez glauque, bien flippante et menée à fond de train.

 

- Patty ne me parle jamais de ce qu'elle fait ni de qui elle voit, et je parie qu'elle ne parle de moi à aucun de ses amis non plus. Ou alors, elle ne trouve rien de gentil à dire.
- Vous n'êtes pas très proches.
- Ça, on n'est pas vraiment les Gilmore Girls, s'est-elle esclaffée.

10 avril 2015

La Légion de la Colombe Noire (The Legion, #1)

Deux frères combattant les démons, comme leur père, ça ne vous rappelle rien ? 

description

Il est vrai que je regardais la série Supernatural au moment où j'ai commencé ma lecture, vers Halloween (ahem). La transposition était donc facile.

Cinq jeunes gens se lancent dans un jeu de pistes pour retrouver un démon revanchard en rassemblant des indices. Seule Kennedy pense être l'intruse de la bande car elle n'avait jamais entendu parler de la Légion de la Colombe noire auparavant, sa mère vient de mourir et son père est aux abonnés absents. Notre nunuche de service est donc à côté de la plaque.

Mais la demoiselle en pince pour les frères canons et hésite à se tirer en douce. Ah, soupirs... Quelle exaspération ! Pour le coup, Kami Garcia aurait pu s'abstenir cette sérénade sirupeuse de l'adolescente tiraillée par deux beaux gosses, aux tempéraments opposés, et qui semblent l'attirer l'un et l'autre selon les circonstances. Au secours. C'est franchement neuneu.

description

Sans quoi, la lecture ne nous scotche pas sur notre chaise non plus, avec un schéma narratif qui tend à se répéter (la quête perpétuelle, entrecoupée de vilaines rencontres, des missions arrachées in extremis et la marque de la victoire sur le poignet... yala !). C'est pataud, pétri de bonnes intentions, avec action, humour, sensations fortes etc. mais il manque la dernière petite pincée de sel pour pimenter le tout correctement. À voir pour la suite.

23 octobre 2013

❀ ✿ Les Sorcières de North Hampton, par Melissa de la Cruz ❀ ✿

 

halloween

Les Sorcières de North Hampton, par Melissa de la Cruz (Orbit, janvier 2013 - traduit par Hélène Bury)

A North Hampton, petite bourgade cossue, nichée au bord de l'océan, vivent trois sorcières, Joanna, la mère, et ses deux filles, Freya et Ingrid. [Oui, il s'agit de la même Freya qui a guéri Oliver de son addiction !] Elles ont toutefois l'interdiction de pratiquer leur magie et doivent se fondre dans la masse, vivre comme des humaines, sans attirer l'attention sur leurs particularités.

La tentation est pourtant grande, nos sorcières vont ainsi glisser des touches de magie dans leur existence ordinaire : Freya en concoctant des filtres d'amour au bar où elle bosse, Ingrid en tressant des nœuds pour permettre aux femmes de démêler leurs soucis intimes, comme tomber enceinte, et Joanna en distrayant un petit garçon, en volant sur son balai, en mijotant de bons gâteaux, etc.

La vie semble leur sourire, Freya vient de se fiancer à Bran Gardiner, le célibataire le plus convoité de la côte, et est convaincue d'avoir trouvé son élu. Pourtant, le soir de ses fiançailles, la jeune femme rencontre le frère cadet, Killian, et succombe à ses charmes. Les jours suivants, impossible pour elle d'oublier ou de résister, elle court se jeter dans ses bras, tout en ressentant de l'amertume et de la culpabilité, tout de même !

C'est une relation qui semble un peu tirée par les cheveux, et puis finalement qui trouvera son explication dans les derniers chapitres. Sinon, globalement le roman se lit vite et bien, il est superficiel, léger, assez prenant, truffé de clichés et de facilités. C'est du Melissa de la Cruz, donc c'est très distrayant et sans prise de tête. Par contre, ce n'est pas une série pour ados, malgré les apparitions de Mimi Force, les personnages sont adultes, font des allusions sexuelles, et pas que (mais ce n'est pas graveleux, ni vulgaire non plus).

C'est un bon début de série, qui se déclinera en trois tomes, la suite est déjà disponible : Le Doux baiser du serpent. A noter aussi qu'une série tv, Witches of the East End, inspirée de la série, est actuellement diffusée sur Lifetime aux USA.

22 novembre 2012

♠ Fin d'un champion ♠

finchampion

J'avais lu et bien aimé le premier tome de la série avec Lily Bard, sans toutefois sauter au plafond, parce qu'il faut bien admettre que l'héroïne aux idées noires plombe un peu l'ambiance générale. Heureusement ce deuxième rendez-vous révèle un potentiel nouveau et non dénué de charme, même si les évènements à Shakespeare ne sont toujours pas sujets à la plaisanterie.

Tout commence par la mort inexpliquée d'un champion de body-building, Del Packard, dans la salle de sports de son ami, et ancien amant, Marshall Sedaka. Lily, accessoirement femme de ménage et premier témoin sur les lieux du crime, pressent que de vieilles histoires vont remonter à la surface, en particulier l'affaire d'une agression contre un Noir, Darnell Glass. Un climat de suspicion et de haine raciale commence alors à s'immiscer dans les rues de la petite ville, ça en devient vite dérangeant et perturbant, surtout lorsqu'on réalise que telle ou telle personne serait impliquée dans une milice secrète aux activités extrémistes plus que douteuses. Et c'est tout le paradoxe de l'existence de Lily : elle ne rêve que de tranquillité, fait ses ménages en toute discrétion, et elle est toujours là au mauvais endroit, au mauvais moment, à fréquenter les mauvaises personnes.

Un nouvel arrivant, Jack Leeds, sème aussi la confusion dans ses pensées. Le personnage est encore trouble, mais... il y a matière à creuser ! Dans l'ensemble, la sensation d'une lecture sombre et pesante est toujours d'actualité (le sujet sur le racisme est lourd, mais traité avec un aplomb certain qui fait honneur à Charlaine Harris). On ne doit pas taire les drames intimes et mesquins des petites villes américaine, l'auteur met les pieds dans le plat et entraîne ses personnages sans tergiverser. Elle les malmène, mais elle les fait avancer, elle ne perd pas de temps avec la tendresse, le romantisme, ici les gestes sont brusques et maladroits, du coup les personnages ont tellement d'états d'âme qu'on en oublierait presque qu'un type est mort à la page 10. Enfin bref, j'ai été davantage séduite par cette nouvelle approche et compte bien m'installer plus longtemps à Shakespeare, Arkansas.

Fin d'un Champion (Lily Bard #2) - Charlaine Harris
J'ai Lu, 2012 - traduit par Tiphaine  Scheuer

22 novembre 2012

“One day you will kiss a man you can't breathe without, and find that breath is of little consequence.”

fievrefatale

Besoin de vous mettre au parfum ? Allons-y.

MacKayla Lane perd sa soeur Alina, victime à Dublin d'un assassinat aussi cruel qu'inexplicable. Devant la mollesse de la police locale, elle quitte le sud des Etats-Unis pour l'Irlande afin de mener sa propre enquête. Elle y découvre que sa soeur y vivait une double existence pleine de mystère au milieu de créatures démoniaques.
Sur place, elle fait la connaissance de Jéricho Barrons, libraire et bibliophile, un beau brun ténébreux, macho et goujat, qui lui secoue les puces en lui ordonnant de rentrer au pays, pauvre petite agnelle qu'elle est, à se jeter dans la fosse aux loups affamés. Et ce n'est pas qu'une image, car la suite promet des révélations toutes plus sordides et mortifiantes les unes que les autres !

Fièvre Noire est une lecture facile, agréable et distrayante, où l'on passe du rose au noir en toute impunité, sans ciller. Karen Marie Moning nous fait en effet pénétrer un monde obscur peuplé de faës et autres créatures délicieuses (ahem, ahem) avec une facilité qui ne nous laisse guère le temps d'être décoiffés ! Personnellement cela me convient tout à fait, car je déteste me triturer les méninges pour comprendre les intentions de l'auteur. 
Bref, on ne fait pas que broyer du noir non plus... il y a aussi de la sensualité et un zest d'érotisme, entre MacKayla et le sombre Barrons, l'antagonisme est évident, cela provoque des étincelles, les échanges verbaux sont cinglants, mais dans le même temps il y a un truc comme une attirance physique pas bien définie, et là encore, c'est tant mieux car cela va permettre à l'histoire de mieux se développer.
Ah, et il y a aussi un autre personnage dont la fonction est d'être dotée d'une telle puissance sexuelle qu'il tue toute humaine avec qui il a des relations, à moins qu'il ne décide de la protéger de son érotisme mortel. Hiiiii ! La rencontre m'a bien fait rire, c'est un passage hallucinant et cocasse. Vivement la suite ! 

Tome 2 : Fièvre Rouge

fievre_rouge

Dans ce tome 2, assez riche en découvertes et en rebondissements, MacKayla continue d'approfondir ses connaissances sur sa condition de sidhe-seer, cherche à mieux cerner son adversaire pour assouvir sa vengeance, se découvre d'autres ennemis, rencontre la vieille femme qui la somme de choisir son camp, comprend aussi qu'elle est soupçonnée par la police dans une affaire de meurtre et se sent poursuivie par un spectre, en plus des autres Traqueurs ou rhino-boys qui courent les rues ou flottent dans les cieux de Dublin.

En somme, la série se révèle toujours passionnante. La personnalité de Mac continue de naviguer entre deux eaux, soit elle donne libre cours à son instinct primitif, soit elle se dévoile prude, cruche et naïve dans de nombreuses situations. Oui, cela m'agace ! Néanmoins, cela participe à la rendre attachante. A nous la rendre humaine et proche de nous. Car il fallait que la poupée Barbie évolue, cela la rendait si peu crédible dans son nouveau rôle (sans compter que cela aurait été insupportable). Loué soit Barrons ! 

Ce tome 2 se termine sur une note assez frustrante, il vous faut absolument le 3° tome à portée de main. Je sens que les zones d'ombre ne cessent de grapiller du terrain. Avec cela, de nouvelles personnalités sont apparues : Christian MacKeltar, V'lane le faë de la volupté fatale (déjà son titre, c'est tout un programme ! j'adore, je succombe, même si je ne devrais pas), Ryodan, Rowena, Dani ... Et Barrons, au centre, campe sur son socle. J'ai été frappée par de terribles soupçons, mais toutes mes théories partent souvent en éclat tant les révélations ne cessent de surprendre.   

Un petit extrait :

Recevoir une marque de tendresse de la part de Jéricho Barrons est une expérience unique et inoubliable. Cela vous donne le sentiment d'être la personne la plus extraordinaire au monde. Imaginez-vous marchant droit vers le lion le plus puissant, le plus sanguinaire de la jungle, vous étendant devant lui, plaçant votre tête dans sa gueule... et, alors que vous vous attendez à être dévoré, l'entendre ronronner comme un gros chat avant de vous lécher affectueusement la joue. Voilà à peu près ce que je ressentis en cet instant.

 

 

 

 

Tome 3 : Fièvre Faë

fievre_fae

MacKayla Lane est toujours à la recherche du fameux Livre Noir, lequel est déjà convoité par trop de monde, et toutes les intentions ne sont pas honorables. A ce sujet, Mac a bien du mal à accorder sa confiance, car elle a besoin de la protection de Barrons, des connaissances de V'lane et des archives de ses soeurs cachées à l'Abbaye. Et même l'inspecteur Jayne a mis un pied dans cet échiquier infernal, un peu sous l'impulsion pas très digne de la jeune femme. C'est un peu la cohue, car à l'instar de Mac on piétine, on tâtonne, on ne sait plus trop à qui se fier. Et tant de méfiance affichée rend le climat lourd, instable et proche du gouffre. Longtemps, MacKayla tente de manger dans toutes les gamelles, sauf qu'à ce petit jeu perfide on gagne difficilement la partie. 

Comment vous décrire la chute de ce livre ? C'est incroyable, tout simplement aberrant et hallucinant. J'étais bouche bée, yeux ronds comme des billes, je relisais ce que je venais de lire, je n'avais pas l'impression que ça s'imprimait, je n'en croyais pas un mot, j'avais peur de louper des passages, j'étais tétanisée. C'est vous dire combien cette fin est inattendue ! De plus, elle vous abandonne sur cette immense frustration, cette sensation de vide et d'incompréhension. KMM est cruelle, sadique, faussement mielleuse, et même sa petite note au lecteur, pouah, elle peut bien la ranger dans ses tiroirs, merci, je n'en veux pas ! De qui se moque-t-on ? 

J'ai donc beaucoup aimé ce tome 3 ! La série se peaufine et s'étoffe, certes ce n'est pas du grand style littéraire, ne nous emballons pas, mais c'est un petit monde sombre, qui se définit de plus en plus et qui ne cesse d'être captivant. C'est particulièrement effrayant aussi, de part les révélations qui se profilent, et même la nature de célèbre Jéricho Z Barrons reste un grand mystère et attise les plus folles spéculations. 

C'est aussi beaucoup plus érotique, beaucoup plus sensuel, et la lecture n'en est que plus excitante ! Entre V'lane (oui je l'adore) et Christian MacKeltar (ohlala), sans oublier le ténébreux Barrons (brrr, c'est quoi son truc ?), la lectrice ne sait plus où donner de la tête. Par contre, c'est aussi plutôt frustrant, l'herbe est souvent coupée sous le pied, ou alors (argh) ça n'est pas du tout le scénario qu'on avait en tête ! Après avoir tourné la dernière page, j'avoue que je suis complètement paumée ! Toutes mes théories sont sens dessus dessous, c'est le bazar dans mes idées, je ne sais plus ... non, je ne sais plus.

traduit de l'anglais (USA) par Cécile Desthuilliers
J'ai Lu, 2010.

22 novembre 2012

Chez les loups, la dominance était un cocktail subtil de différents ingrédients.

Mercy_Thompson_T2 

Super Mercy est de retour ! Notre mécano-coyote parvient en quelques pages à se sortir des griffes d'un démonologue-vampire après une rencontre cauchemardesque, pire elle réalise qu'elle seule pourra affronter la bête qui fait règner une atmosphère d'apocalypse dans les Tri Cities ! De plus, Stefan, notre vampire fan de Scoubidou, est porté disparu. Mercy se voit donc convoquée par la Maîtresse Marsilia pour un entretien exceptionnel. Ainsi nous plongeons dans les secrets de l'essaim, nous découvrons la mythologie du vampire d'après Patricia Briggs, avec toujours au coeur de l'action Mercy Thompson, rebelle, farouche, incertaine mais déterminée à venger les crimes impunis.

C'est très étrange ce que cette série déclenche chez moi - je ne suis pas fan, pourtant je me surprends à prendre du plaisir et à me plonger dans cet univers tout en envisageant déjà de lire la suite très vite. L'histoire en elle-même peut être palpitante, il règne un suspense glaçant depuis l'apparition de ce monstre sanguinaire, en plus les disparitions d'amis proches de Mercy et l'agression de Warren chamboulent la corde sensible de notre changeuse. Elle est habile à affronter les pires créatures fantastiques, a la trouille au ventre mais suit le plus souvent son instinct pour guider sa conduite. Je ne m'explique donc pas pourquoi j'aime cette série, mais une chose est sûre, j'aime les personnages et l'univers qu'a su créer l'auteur.

Pas besoin de trépigner, oui, oui, j'avoue que je ne suis pas du tout insensible au charme de l'Alpha. Ce bougre d'Adam. Moi aussi je peux gronder de plaisir, oh hé ! Parce que notre Mercy a le coeur pris en étau, et c'est pénible. Elle est partagée entre son attirance pour lui et son amour d'adolescence, aka Samuel, lequel vit avec elle, dans son petit mobil-home situé sur le terrain voisin d'Adam. Han-han, ça resserre les liens, moi je vous le dis ! Une scène, en particulier, m'a fait trémousser - celle du dojo, bien sûr, quand Mercy et Adam se livrent à un corps-à-corps musclé et sensuel. J'étais prête à taper dans les mains en criant victoire. Bah nan. Les pièges du triangle amoureux se sont refermés, et là j'ai serré les dents car je n'y comprenais plus rien ! Pfff. Mercy reproche à Adam d'être trop dominant, donc d'attiser sa faiblesse en la convoitant, mais Mercy a rejeté Samuel car il voyait en elle une *poulinière* alors qu'aujourd'hui elle a des papillons dans le ventre dès qu'il pose son museau sur ses genoux et lui donne des bisous doux et passionnés, et tous se flairent dans le cou, reniflent l'odeur de l'autre, en somme ils marquent leur territoire. L'instinct animal est très, TRES présent. De plus, la politique chez les loups est vraiment archaïque et machiste, il y a d'ailleurs peu de femmes dans cette série, et Mercy elle-même n'est pas un personnage ultra féminin non plus (souvent négligée, les mains pleines de cambouis, le tshirt sale etc.).

En clair, c'est une série beaucoup moins sexy que celles de Jeaniene Frost ou Richelle Mead, mais elle est tout de même addictive. Il serait bon aussi que l'auteur cesse de rappeler ô combien la dominance est le nerf de la hiérarchie chez les loups, avec son langage du corps, le jeu des regards et les effluves à gogo qui se propagent de ci, de là. Euh, il me semble que cela a été suffisamment répété et que le lecteur a bien appris sa leçon, merci. Car à tout moment, Patricia Briggs nous ressort sa petite litanie pour expliquer la complexité des rapports entre Mercy et les *hommes* de sa vie (croyez-moi, elle fait des ravages !). Donnez-moi des sensations, et je ne veux plus d'un Adam dompté, c'est frustrant !

Les Liens du sang ~ Patricia Briggs  (série Mercy Thompson #2)
Milady (2009) - 400 pages - 7€
traduit de l'anglais (USA) par Lorène Lenoir

29 septembre 2016

Tout est sous contrôle : Le tumultueux quotidien d'Olympe McQueen, de Sophie Henrionnet

Tout est sous contrôle

Ce roman a été une véritable bouffée d'oxygène, dégusté dans un contexte tout aussi primesautier et relaxant ! Autant dire que j'ai particulièrement apprécié ce rendez-vous. ☺

L'histoire a pour héroïne Olympe McQueen, une jeune femme moderne, hyperactive, étourdie, maladroite et pétillante. Olympe a trente-huit ans, divorcée, maman d'une jeune Aglaé de douze ans, laquelle a davantage la tête sur les épaules. Olympe est accessoirement photographe culinaire... jusqu'à ce fameux rendez-vous loupé, après avoir voulu sauver un type suicidaire et piqué une tête dans la Seine, Olympe perd son boulot et va quémander auprès de son meilleur ami, Hugo, une place au sein de son agence de détectives spécialisée dans les arnaques aux assurances.

Olympe a pour seule consigne de rester en planque dans une voiture, surveiller sa cible et prendre quelques clichés, sauf que - voilà... ça ne se passe jamais comme prévu et donne souvent lieu à des situations grandguignolesques ! C'est tout le sel du roman - son humour, sa jovialité, son excentricité, ses scènes cocasses et délirantes. Et puis l'idée d'une héroïne détective, qui apprend toutes les ficelles du métier auprès du très séduisant Vincent Novak et a pour voisin un flic tout aussi charmant, nommé Mathieu Charpentier, le spécialiste du Mojito, est jubilatoire. Un instant, vous vous prêtez à songer à une autre série du même acabit - l'inénarrable Stephanie Plum, de Janet Evanovich !

Et quel bonheur, car on y retrouve les mêmes ingrédients, comme la famille psychotique et ses figures mythiques - Mamie Jeanne, alias Barbara Cartland, ses tenues roses, ses coiffures folles et son Pékinois Régis. Quelle bidonnade. C'est une lecture de détente pleinement assumée, avec tous les aspects folkloriques du genre. L'histoire est survoltée, menée sans temps mort, un brin insensée, mais franchement exaltante. On passe un très bon moment à courir dans tout Paris, à se mêler des vies des uns et des autres, à échafauder des théories et espérer que le dénouement ne survienne pas trop vite ! Il me tarde que cette chère Olympe reprenne du service et revienne dans de nouvelles aventures savoureuses et cinglées ! Par l'auteur du premier roman,Drôle de Karma ! 

éditions Charleston, mars 2016 - illustration de couverture : Lulu Inthesky

Logo Challenge Feel good Logo Challenge Feel good Logo Challenge Feel good

22 octobre 2013

Hemlock, par Kathleen Peacock ♥

halloween2

Hemlock, par Kathleen Peacock (La Martinière J., juin 2013 - traduit par Nathalie Azoulai)

Très, très bon roman que voilà ! Son ambiance sombre, son ton vif, ses personnages à fleur de peau, son danger alentour et ses garous particulièrement effrayants font de cette lecture un rendez-vous incontournable. Le résultat est en effet captivant ! Tout de suite, on plonge dans une histoire noire et pleine d'amertume, marquée par la mort d'une adolescente. Son groupe d'amis est dévasté, chacun cherche un refuge, que ce soit dans l'alcool ou dans le besoin d'avoir des réponses, pour avancer et oublier le drame.

Mackenzie est une jeune fille qui se juge quelconque, mais qui, finalement, est une nana entourée par deux potes irrésistibles, qui se chamaillent pour obtenir son attention et décrocher son cœur, oui, un triangle amoureux est au programme, attention les yeux, mais franchement c'est plutôt bien amené, pas trop nunuche non plus. L'héroïne elle-même fait une réflexion pertinente à ce sujet :

« Nom de Dieu ! Ma vie n'allait quand même pas devenir aussi débile que toutes ces séries pour ados !
Une coulée de graviers et de poussière a dévalé la pente. Je me suis retournée. Kyle était au sommet de la colline. J'ai senti ma poitrine qui se fendait en deux. Sans un mot, il a fait demi-tour. Et voilà, c'était officiel : ma vie était digne d'une série débile. »

Autour, nous avons aussi une enquête criminelle, pour cerner le mystère qui entoure le meurtre d'Amy. L'arrivée en ville d'une milice privée sème la zizanie, Mac se heurte à leur chef et devient une cible à éliminer. Elle réalise dans le même temps que ses amis proches lui cachent aussi de nombreux secrets, parfois assez déconcertants. Et ce climat de délation, de suspicion et de peur panique autour des garous finit par enfoncer le clou : c'est globalement sombre, vif et envoûtant. L'auteur n'a pas sombré dans la facilité, elle malmène ses personnages, elle dessine une histoire pas toujours joyeuse, ça change un peu et ça fait du bien. C'est le 1er tome d'une trilogie, la suite est déjà disponible en VO : Thornhill.

11 février 2013

"Je sais à ce moment-là que je ferais n'importe quoi pour cet homme. Je lui appartiens."

bride-groom-kissing-photographs-by-anjuli

Ana est étudiante, en dernière année. C'est une jeune femme amoureuse de littérature romantique, qui n'a jamais connu le grand frisson et qui entend se préserver pour LE candidat idéal. Et elle le rencontre au cours d'une interview pour le journal de la fac, il s'agit de Christian Grey, multimillionnaire, attirant et célibataire. Aussitôt son cœur fait boum.

Le problème d'Anastasia, c'est qu'elle se dévalorise constamment : physique ordinaire, maladresse légendaire, d'une naïveté et d'une innocence déconcertantes... Elle confie son destin amoureux à un type qui lui propose tout le contraire, du sexe, sous contrat et avec des clauses particulières. Toute autre jeune fille inexpérimentée prendrait ses jambes à son cou, mais pas notre mademoiselle Steele !

Alors, je dois avouer m'être beaucoup amusée à l'écoute des premiers chapitres, avec la conscience aigüe que ce n'était peut-être pas normal, sauf qu'il faut reconnaître que l'héroïne, dont la première entrée en scène se solde par une chute à quatre pattes sur le seuil du bureau de Christian Grey, oui franchement j'ai ricané comme une bécasse.

Et pendant longtemps j'ai trouvé que c'était comique et divertissant, avec des défauts à la pelle, toutefois j'avais été prévenue donc cela ne me choquait plus. Par contre, je suis intimement convaincue que cette version Audiolib a pu jouer en faveur de mon appréciation générale. Bon, dès le moment où on entre dans le vif du sujet, avec l'étalage graveleux de scènes sexuelles pas du tout sensuelles, j'ai commencé à faire la fine bouche.

Voilà, c'est de la lecture de distraction, qui comporte une lourdeur de style, des personnages têtes à claques, une histoire quelque peu grivoise, avec des descriptions sans charme, d'un érotisme plat, mais ceci dit j'ai tenu jusqu'au bout, 16 heures d'écoute tout de même !..

Cinquante nuances de Grey, par E.L. James
JC Lattès / Audiolib, 2012 - traduit par Denyse Beaulieu
Texte intégral lu par Séverine Cayron

24 février 2014

Dublin Street, de Samantha Young

bed

 “We fuck, we have fun, and then we spoon. I don’t go home...”

Je voulais une lecture légère et distrayante, j'avais reçu de très bons échos concernant ce livre, aussi j'ai plongé mon nez dans cette histoire contemporaine et un brin coquine. Le résultat n'a pas été à la hauteur de mes espoirs, c'est léger, parfois rigolo, mais tellement excessif et insensé que je ne suis pas sûre d'y avoir glané le plaisir espéré !

C'est donc l'histoire d'une jeune femme de 22 ans, Joss Butler, traumatisée par la mort accidentelle de ses parents survenue huit ans plus tôt. Réfugiée à Édimbourg, elle y mène une existence solitaire, où elle affiche une carapace de défiance et d'indifférence. En s'installant en colocation chez Ellie Carmichael, elle va faire la rencontre du frère de celle-ci, Braden... du sex-appeal à revendre, une fichue arrogance et un charme irrésistible. Décrit comme étant “the human version of a sexually charged nuclear weapon”, il incarne le danger absolu, à fuir sans se retourner.

Et en effet, d'entrée de jeu, leurs rapports sont houleux, longtemps elle va chercher à lui résister, même si elle est physiquement attirée par lui. Il en tire parti et lui propose une relation purement charnelle, trois mois ensemble, du sexe à gogo, pas de sentiments, juste du bon temps. Et elle accepte ! Cela devient alors très, très sexy, mais aussi passionnel et mouvementé. Joss et Braden sont survoltés, ils s'insupportent, sont jaloux, se font des scènes pour un rien, c'est franchement épuisant ... J'ai fini par décrocher. Je n'ai rien contre une relation enflammée, mais là j'ai eu ma dose, c'était trop long, trop cliché, trop puéril.

Je sors de cette lecture circonspecte, ça se lit vite et bien, on couine parfois, on sourit aussi, mais alors je n'ai pas pu occulter le reste, ni le style lourd et vulgaire, ni la pantomime que nous joue ce charmant petit couple en mal de sensations fortes, ni les séquences de mélo inutiles... C'est hélas dans la tendance actuelle (du sexe, du drama, un happy end) mais j'accroche moyennement. On se croirait dans un mauvais feuilleton de soap-opera.

J'ai Lu, juin 2013 - traduit par Benjamin Kuntzer

8 septembre 2015

À un fil, de Rainbow Rowell

Georgie tient la chance de sa vie en décrochant un contrat pour son premier feuilleton TV, en coécriture avec son ami Seth. Elle doit hélas renoncer à ses projets de vacances et ne pas passer Noël en famille. Son mari Neal et leurs deux filles partent sans elle, la laissant plus désemparée que jamais. Georgie court se réfugier chez sa mère et multiplie les tentatives de joindre Neal, qui ne répond pas à ses coups de fil.

Un soir de désespoir, elle l'appelle depuis le vieux téléphone jaune de son adolescence, celui planqué dans sa chambre. Et le miracle s'accomplit, Neal est en ligne, aussi malheureux et désemparé qu'elle, et lui marmonne : « Je n'ai pas envie de rompre avec toi, pas maintenant. Pas ce soir, en tout cas. Ce soir, j'ai envie de faire comme si tout le reste n'existait pas. J'ai envie d'être amoureux de toi. »

Avant d'en découvrir davantage, le roman confirme son potentiel douillet et adorable en proposant une histoire aussi tendre et touchante que possible. On a deux personnages en perte de vitesse, qui s'aiment, c'est évident, mais qui accusent quinze ans d'une vie à deux où le malaise a fini par s'installer. Ni l'un ni l'autre ne se sentent heureux. Comment ont-ils pu en arriver là ?

Réalisant que Georgie parle au bout du fil avec le Neal de sa jeunesse, elle saisira l'occasion de "soigner" son couple en cernant la source du problème, devenue le poison de sa vie actuelle. Elle remontera aussi le fil du temps en ressassant sa rencontre avec Neal et les débuts de leur relation balbutiante, mais riche en émotions.

Rainbow Rowell nous offre une vision romantique et magique de l'amour, à laquelle on a aussi très envie d'y croire, et qui nous berce de douces illusions. Seul bémol, je ne me suis jamais sentie en communion avec les personnages. Et l'attitude de Neal m'a souvent agacée. Sans quoi, cela reste une jolie lecture et un doux moment à partager.

Milady / Janvier 2015 ♦ Traduit par Benjamin Mallais (Landline)

Phone

7 avril 2016

Just Juliette, de Teri Wilson

Just Juliette

Deux familles de chocolatiers, les Arabella et les Mezzanote, se vouent une haine farouche depuis des générations. Nul ne sait comment tout a commencé, mais cet antagonisme figure dans leur patrimoine génétique et est cultivé avec ferveur.

Seulement Juliette n'a plus le goût de porter cet héritage familial et se sent asphyxiée par les attentes des siens. Sa relation platonique avec George Alcott est également devenu un poids. Juliette songe à rompre, tandis que lui envisage sérieusement de l'épouser.

C'est donc dans ce grand flou qu'elle accepte de l'accompagner au bal masqué des Mezzanote qui est censé annoncer avec faste le retour au bercail du fils prodigue, Leo. Après avoir enrichi son expérience en Europe, celui-ci vient donc reprendre les rênes de l'entreprise familiale.

Cette nouvelle est vécue comme un choc pour Juliette, qui reconnaît en lui l'inconnu qu'elle vient d'embrasser fougueusement dans les vergers de la propriété ! De son côté, Leo se moque de son identité et de la vieille querelle légendaire. Il est tombé sous le charme de la demoiselle et entend la conquérir vaille que vaille. 

Cette courte bluette sentimentale est aussi goûteuse et sucrée qu'une tasse de chocolat qu'on avalerait sans se soucier des kilos superflus. Du plaisir coupable sur toute la ligne. L'histoire est simple, mais adorable. C'est sans surprise, sans la moindre aspérité. Juste quelques soubresauts en cours de route, qui ne feront pas dévier la piste non plus.

On a là du romantisme pur et simple pour une jolie histoire d'amour incluant des personnages attachants. C'est onctueux, collant et on s'y noie en buvant sa honte. Délicieux ! 

Harlequin / coll. &H ♦ Octobre 2015 ♦ Traduction d'Anouk (Just Juliette) 

leonardo dicaprio romeo and juliet gif leonardo dicaprio romeo and juliet gif leonardo dicaprio romeo and juliet gif

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>
“Those who don't believe in magic will never find it.” (Roald Dahl)
Publicité
Publicité
Archives
Newsletter
Publicité